
Très
intéressant film de Richard Kelly, où s'installe très progressivement une
ambiance qui intrigue dans un premier temps puis se déploie à mesure que le
scénario joue avec les incertitudes et les ellipses. Le film, alors, devient à la
fois sensible, étrange et monstrueux, oscillant sans cesse entre teen movie et
science-fiction.
La
construction du film est remarquable jusqu’au bout, avec la révélation finale
(on ne comprend que très tard l’origine de ce lapin monstrueux qui hante
Donnie) et la clef du décompte qui scande le film.
Jake
Gyllenhaal, révélé par le film, joue un Donnie tout en intériorité, comme il
sait parfaitement le faire.
Le
film offre de multiples lectures, depuis l’explication rationnelle (on voit le
vortex entre les univers qui se développe au-dessus de la maison) jusqu’aux
interprétations irrationnelles (le film se développant autour de la schizophrénie de
Donnie) ou même métaphoriques : le film n’est peut-être qu’un portrait d’un
mal-être adolescent. Le déplacement de l’intrigue dans un passé récent (elle se
situe en 1988, en pleine campagne présidentielle de Bush père) a des
connotations autobiographiques et Kelly laisse habilement en suspens
l’interprétation, donnant assez d’éléments pour que chacun puisse ressentir le
film comme il l’entend et réfléchir à loisir au rire final de Donnie.