
(1) : Au terne titre français, on préfère la beauté du titre original, qui fait à la fois écho à l’histoire, bien sûr, mais aussi aux choix de Käutner qui traite son sujet avec humilité, sobriété, retenue : en mode mineur en somme.

(1) : Au terne titre français, on préfère la beauté du titre original, qui fait à la fois écho à l’histoire, bien sûr, mais aussi aux choix de Käutner qui traite son sujet avec humilité, sobriété, retenue : en mode mineur en somme.

Une explication
d’Alfred Hitchcock qui en dit long sur ce qui lui semble primordial ou non dans
un film :
« Demander à un homme qui raconte des
histoires de tenir compte de la vraisemblance me paraît aussi ridicule que de
demander à un peintre figuratif de représenter les choses avec exactitudes. »
Et quand on sait le génie
d’Hitchcock pour manipuler le spectateur, on comprend bien que certains
éléments d’un film – la vraisemblance dans La Mort aux trousses ! – comptent pour rien.






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| Pagine chiuse de G. Da Campo, 1969 |
Dans son fameux Dictionnaire du cinéma, Jacques Lourcelles explique, à
propos du très beau Pagine chiuse, que son réalisateur, Gianni Da
Campo, « a choisi de poser sur son personnage un regard neutre.
Cette neutralité – expression d’une sensibilité d’écorché vif qui jugerait pour
ainsi dire obscène toute insistance émotionnelle et qui est en même temps si
requise par son sujet qu’elle en devient comme pétrifiée et sans révolte –,
cette neutralité est l’un des secrets du cinéma ».
Nous le rejoignons à la fois sur ce mystérieux secret de la neutralité et,
concomitamment, sur l’obscénité de l’insistance émotionnelle.
Nous ajoutons même que la neutralité, proche parente de la tempérance et de
l’humilité, sans doute, est l’un des secrets non seulement du cinéma mais bien
de tout Art, bien loin de l’acharnement des trémolos émotionnels, du
partisanisme, du militantisme, de la transgression facile ou du premier degré
racoleur.
