samedi 9 septembre 2023

The Salvation (K. Levring, 2014)

 



Le western, genre devenu mineur depuis bien longtemps, semble aujourd’hui faire constamment le grand écart entre des films assez confidentiels (Hostiles de Cooper ou les œuvres de Kelly Reichardt) et des films bas de gamme (Les Sept mercenaires de Fuqua), qui, eux, continuent de surfer sur la vague décidément inépuisable du western italien.
The Salvation, malheureusement, tient de cette seconde veine. C’est que le film est en même temps très quelconque et très ambitieux par sa mise en scène et son esthétique. Il faut dire que, après une première séquence cruelle et violente qui laisse le spectateur en suspens (Jon, sa femme et son fils sont agressés dans une diligence ; Jon parvient à tuer les agresseurs mais sans pouvoir sauver ses proches), la séquence suivante achève le film : on voit surgir le grand méchant tueur qui terrorise la population locale pour demander qu’on lui livre celui qui a eu l’audace de tuer son frère. Toute la douleur sourde que Jon pouvait ressentir est balayée : le film ne sera rien d’autre qu’une banale histoire d’injustice, de vengeance et de domination d’une petite communauté par une bande de tueurs, sur fond de spéculation immobilière autour du pétrole. Bien entendu jamais on ne doute que Jon tuera toute la bande.
Kristian Levring fait un bond de cinquante ans en arrière et nous ramène au cinéma d’exploitation spaghetti le plus éculé, filmant la violence sans raconter grand-chose, tout en lorgnant du côté d’Il était une fois dans l’Ouest, de Django ou de Keoma. On retrouve donc une esthétique moderne et devenue parfaitement banale. Les restes calcinés de la ville (qui font une image étonnante à l'écran) sont une métaphore involontaire mais puissante de The Salvation : du western, Levring reprend les principaux codes du genre, mais, autour de cette charpente, il ne construit rien et ne raconte rien, tout reste superficiel et creux. The Salvation est ainsi une baudruche qui reste en suspens dix minutes avant de se dégonfler pesamment, s’en remettant à un maniérisme léonien banal.
Mads Mikkelsen, qui campe le fermier ancien soldat qui règle les comptes, a le calibre pour construire des personnages à la fois mutiques et complexes, mais le rôle vide que lui propose le film le coince dans une partition faiblarde.
C’est bien dommage pour le genre qui a décidément bien du mal à se remettre du déferlement de Sergio Leone. En délaissant le fond au seul profit de la forme, le réalisateur star italien a dévitalisé jusqu’à l’agonie le western. De l’immense fleuve que fut le western, il n'en reste qu’un étiage mince, même s’il continue, vaille que vaille, d’être alimenté. Mais ce ne sont certes pas des films comme The Salvation qui vont le renflouer…

 



lundi 4 septembre 2023

Adieu au langage (J.- L. Godard, 2014)





Sans doute, pour comprendre le cinéma de Jean-Luc Godard à partir des années 70 (et ensuite, peut-être, parvenir à l’apprécier), faut-il accepter que ce cinéma, très expérimental, soit d’une grande prétention. Dès lors que cette prémisse est posée, on peut, si l’on en a le courage, essayer de ressentir ce que Godard, avec emphase et lourdeur, tente de saisir.
Et, dans Adieu au langage, du haut de ses 74 ans, l'on a vraiment l’impression que Godard est plus que jamais incapable de ressentir le murmure des choses, qu’il lui faut les asséner sans cesse avec grandiloquence et maniérisme sur un ton superfétatoire. C’est assez pénible et l’on se perd dans ces explorations et ces déambulations souvent anodines, puisqu’en réalité ces grandes émotions, ces grandes questions ou ces grandes révélations sont bien petites ou très convenues.



samedi 2 septembre 2023

Batman : Le Défi (Batman Returns de T. Burton, 1992)

 



Ce second film de Tim Burton mettant en scène le héros chauve-souris masqué poursuit une pente à la fois conventionnelle et kitsch. Il n’est qu’une exploitation de la réussite du premier opus. On n’est pas loin du Grand-Guignol par moment et on sent bien où nous conduit l’intrigue.
Tim Burton semble un peu coincé dans son idée, même si quelques séquences équilibrent très bien les tons entre conte de Noël divertissant et noirceur, tons que conjuguent si aisément l’ami Burton.

 



jeudi 31 août 2023

Open Range (K. Costner, 2003)

 



Western assez classique mais bien filmé par Kevin Costner qui s’appuie sur un argument déjà vu (les éleveurs qui font transiter leurs bêtes s’opposent aux cultivateurs qui barrent la prairie de leurs barbelés) mais qui reste efficace. Sur ce thème les positions varient d’un film à l’autre : si dans The Big Country on voit le problème par le prisme des propriétaires terriens, ici l’on est du côté des éleveurs qui transitent.
On regrette peut-être des personnages caricaturaux du côté des méchants, bien moins fouillés et travaillés que les éleveurs, qui retiennent toute l’attention du réalisateur. C’est que Charley (Kevin Costner, très convaincant) n’a pas toujours été cow-boy et il traîne derrière lui un passé oublié qu’il lui faut faire resurgir. Cet ancien gunfighter, abîmé par son passé (il est typiquement un descendant de Ethan Edwars), a trouvé dans cette façon de vivre en conduisant des bêtes tout au long de l’année, de feu de camp en feu de camp, un substitut de civilisation. Comme Ethan Edwards, il ne peut guère se poser et rejoindre les siens.

Pourtant, après l’inévitable règlement de compte (où, bien à regret, Charley doit recomposer avec son efficacité passée un colt à la main), la fin reste optimiste et apaisée, comme si l’Ouest, malgré tout, avançait et, que le temps faisant, Charley pouvait délaisser les bêtes et vivre à nouveau au milieu de la société des hommes. On notera que, comme bien souvent dans le western fordien, c’est par le bien d’une femme – plus encore que par l’amitié, autre élément fondamental – que cette impossible réinsertion se fera.






lundi 28 août 2023

Le Horla (M. Desseigne Ravel, 2022)

 



Adaptation fade de Maupassant, ce Horla peine à passionner. Il cherche à retranscrire avec assez de fidélité la nouvelle dans un univers contemporain, mais le doute et l’incertitude restent flous et ne font guère basculer le récit dans l’obsession fantastique.
Bastien Bouillon, au jeu sobre, sent bien le rôle mais il ne parvient pas à sauver un film trop terne pour marquer le spectateur.

 



vendredi 25 août 2023

Tess (R. Polanski, 1979)





Application policée et qui peine à démarrer du beau roman de Thomas Hardy. Mais plus le film avance et plus on est convaincu par Polanski et touché par ses acteurs. Peter Firth, en particulier, qui joue Angel avec une sensibilité fragile, est très bon. Et l’on plonge peu à peu dans les méandres du drame vécu par Tess, croisant la douceur et la cruauté cynique et mêlant l’Angleterre victorienne aux intérieurs raffinés qui viennent s’opposer à la boue des campagnes. Malgré une histoire fidèle au roman, le film, pourtant, mais c’est manifestement une volonté de Polanski, n’atteint jamais la noirceur dure de Hardy.

 



mercredi 23 août 2023

Illusions perdues (X. Giannoli, 2021)




Adaptation appliquée mais assez fade du roman de Balzac, le film de Xavier Giannoli laisse de côté – forcément – de nombreux fils de l’immense toile tissée par l’écrivain. Il n’en reste qu’un regard un peu simple et facile des espoirs et désespoirs de Lucien, attiré puis brûlé par Paris sur fond de presse à scandale que le film ne ménage pas.
L’interprétation est réussie, malgré un Benjamin Voisin en Lucien de Rubempré un peu terne – surtout dans la première partie – mais avec des seconds rôles bien tenus (le casting se veut un point fort du film, avec Vincent Lacoste, Xavier Dolan, Depardieu, etc.).
En revanche, en filmant ce Paris du XVIIIème siècle, le film peine à sortir de son cadre spatio-temporel. On sent combien, chez Balzac, toutes les situations, tous les sentiments, toutes les aspirations, toutes les relations entre chacun des personnages ont une valeur universelle, et qu’il s’agit bien de tous les hommes et en tous lieux. Chez Giannoli, en revanche, on ne sort guère du XVIIIème siècle parisien, on ne sent pas cette universalité. On voit bien que les attaques contre la presse ont des résonances modernes mais, pour le reste (c’est-à-dire l’essentiel), on reste confiné loin de notre monde. Alors que la finesse de Balzac, elle, garde une acuité éternelle.



lundi 21 août 2023

HHhH (C. Jimenez, 2017)





Biopic faiblard de Cédric Jimenez, qui, très vite, se bonifiera dans ses réalisations ultérieures. Mais, ici, il tombe dans le travers de nombreux films retraçant la vie d’un personnage : l’ensemble ressemble à une fiche biographique dont on a surligné quelques moments forts ou célèbres et que le film met en image.
On voit ainsi Heydrich réagissant à telle ou telle frustration, tantôt amant aimant, tantôt mari violent, tantôt encore père jouant avec ses enfants. Jimenez, bien entendu, nous le montre aussi donnant ses directives à la conférence de Wannssee ou chapeautant inflexiblement des Einsatzgruppen.
Si le film suit aussi la trajectoire des deux résistants qui iront jusqu’à son assassinat, cet aspect du film est moins passionnant, il faut bien dire, que de suivre un monstre dont on s’attendrait à ce que le film nous dise quelque chose. Mais HHhH, in fine, n’explore pas grand-chose de ce que fut Heydrich, c’est-à-dire – hélas – bien plus qu’un monstre froid : il fut un concepteur efficace et zélé, maillon essentiel qui a permis à l’Allemagne d’Hitler de franchir plusieurs étapes conduisant à la solution finale en 1941-1942.
Mais on ne rentre pas un instant dans la tête du personnage. Heydrich, terrifiant monstre dans une époque qui n’en a pas manqué, aurait pu être scruté de beaucoup plus près. Ou alors on aurait pu voir la caméra buter à la barrière de son crâne, incapable de sonder ce qu’il y avait derrière et qui produisait autant d’inhumanité. On aurait eu là un geste cinématographique fort. Mais ce HHhH décevant nous dit simplement qu’Heydrich était monstrueux. Certes. Est-ce là tout le propos ? Y avait-il besoin d’un film pour le dire ?
Il faut reconnaître aussi que le film est desservi par Jason Clarke dont l’interprétation est tout à fait creuse et sans âme. On a du mal à comprendre le choix de l’acteur, à la morphologie peu ressemblante (ce qui pose problème puisque justement le film ne va guère plus loin que l'apparence) et tout à fait incapable d’épaissir son personnage. L’acteur Stephen Graham qui campe Himmler – que l’on voit finalement assez peu (1) –, est beaucoup plus convaincant. Et l’on se souvient, à titre de comparaison, de l’interprétation hallucinée de Bruno Ganz (qui est bien sûr un acteur d'un tout autre calibre) en Hitler dans La Chute de Hirschbiegel.



________________________________

(1) : Le titre HHhH signifie « Himmlers Hirn heiβt Heydrich »  que l'on peut traduire par « le cerveau de Himmler s'appelle Heydrich ».

 


vendredi 18 août 2023

Barbie (G. Gerwig, 2023)

 



Cette comédie au grand succès planétaire est rapidement ennuyeuse. On comprend vite le jeu proposé par le film avec cette dualité de monde imaginé pour l’occasion (l’idée de Barbyland, en soi, est bien vu). Mais, ensuite, le film tourne à vide sur un comique de répétition qui n’avance pas et qui montre ses limites : Barbie cherche à faire sourire et à rebondir avec les différences ou les ressemblances entre les deux mondes, et à jouer des influences réciproques.
Bien sûr on a là une critique – au second, troisième ou énième degré, on ne saurait dire – de la société d’aujourd’hui et des rapports homme-femme. A la décharge de Greta Gerwig, il semble bien difficile de produire un propos pertinent sur ce thème de nos jours sans risquer une tempête médiatique. Or l’on sait combien les producteurs d’Hollywood craignent les tribunaux médiatiques et combien ils cherchent à aplanir la moindre rugosité. C’est ainsi que, à part quelques saillies ou bons mots (et encore...), on s’ennuie ferme.

A travers ce rôle, si Ryan Gosling continue d’être lénifiant, ce qui, il faut bien l’admettre, n’est pas un frein quand il s’agit de jouer Ken (
le problème est plutôt que, second degré ou non, il semble bien difficile à cet acteur de produire une expression), Margot Robbie, de son côté, à travers ce rôle, assume pleinement son statut de nouvelle bimbo.



mercredi 16 août 2023

Indiana Jones et le Cadran de la destinée (Indiana Jones and the Dial of Destiny de J. Mangold, 2023)

 



Né sous de merveilleux auspices (le premier film de la saga est une belle réussite), ayant ensuite grandi avec délice (La Dernière Croisade est un chef-d’œuvre dans son genre), Indiana Jones a ensuite bien mal vieilli (Le Crâne de cristal est une catastrophe) et l’on pensait bien que l’aventurier serait laissé tranquille, d’autant plus que l’ami Harrison Ford commence à se faire vieux pour s’en aller cabrioler par monts et par vaux.
Las, James Mangold le sort de sa retraite et le revoilà donc à parcourir le monde une nouvelle fois. Mais la sauce ne prend guère. Lorsque Indi remet son chapeau et sort son fouet on a bien du mal à y croire. La saveur des premiers épisodes n’est plus là, les passages obligés et les clins d’œil encombrent le film, les incohérences sont légion, les personnages contradictoires (le comportement de Helena échappe à toute logique) et la fin sirupeuse à souhait. Comme quoi cumuler des séquences d’action ne suffit pas pour donner du punch à un personnage et à un film.

Harrison Ford lui-même, qui a si souvent su trouver le juste ton entre traits d’humour et ronchonnades, ne joue plus qu’un vieux héros bougon sans cesse houspillé par une petite jeune. Sans doute ne suffit-il pas de jouer sur l’âge de l’archéologue-aventurier pour s’en affranchir.

Mangold jouait déjà, dans Logan, avec des héros vieillissants mais, en ce qui concernait ces héros usés et de moins en moins capables, son film n’était pas inintéressant (il était mauvais sur d’autres points). Rien de tout cela ici : même à la retraite, usé et bougon, Indiana Jones reste inarrêtable et toujours aussi efficace dès qu’il s’agit de se dépêtrer d’une troupe de vilains lancée contre lui ou de démêler une énigme restée mystérieuse. Indiana Jones est donc vieux, on nous le montre et on en blague mais, finalement, le film ne l’entérine pas et il reste héroïque comme au bon vieux temps : c’est peut-être là qu’est la grande incohérence et le grand malaise de ce (espérons-le) dernier opus.

 



lundi 14 août 2023

Equalizer 2 (The Equalizer 2 de A. Fuqua, 2014)

 



Dans cette suite sans saveur d'un premier épisode déjà d’une fadeur rare, Antoine Fuqua récidive en appliquant la même recette, entre prétention de mise en scène et petite morale à deux sous. Denzel Washington cachetonne tranquillement.
Si le film est transparent pour le spectateur (on le voit et, hop ! on l’oublie), il est en revanche une belle planche à billets. On a bien compris que les producteurs savent parfaitement ce qu’ils font.

 

 



samedi 12 août 2023

Daylight (R. Cohen, 1996)

 



Film catastrophe insipide et inutile, servant à la gloire (toute petite gloire, bien sûr) de Sylvester Stallone, qui enchaîne, à cette période, les films consternants. Peut-être en a-t-il conscience puisqu’il surprendra dans son film suivant, le bon Copland de James Mangold, avec un rôle iconoclaste pour lui et très bien tenu.

 


 

jeudi 10 août 2023

Pi (D. Aronofsky, 1998)

 


Dans cette première œuvre qui oscille sans cesse entre cinéma expérimental et film fauché, Darren Aronofsky se perd un peu. Il cherche à filmer une obsession et s’il met en place une esthétique, on ne saurait trop dire si elle vient d’un projet artistique ou d’une contrainte financière. Les œuvres suivantes du réalisateur, sans grand rapport esthétique, nous faisant plutôt dire qu’il s’agit d’un manque de moyens. Derrière les idées de thriller noir et paranoïaque, cette esthétique le coince d’ailleurs un peu au moment de faire avancer son récit. C’est que Max Cohen, s’il semble avoir mis le doigt sur une clef de voûte mathématique du monde, se noie peu à peu dans sa paranoïa et dans ses hallucinations. Dès lors, au-delà de sa forme originale, le film se résume à scruter une obsession, obsession qui sera un des sujets majeurs de Aronofsky.




mercredi 2 août 2023

Les Saveurs du palais (C. Vincent, 2012)

 



Il est dommage que ce film, qui cherche à titiller les papilles en évoquant la cuisine du terroir, les vieilles recettes de grand-mère et les belles traditions soit aussi insipide. Hormis quelques moments de cuisine où, justement, le réalisateur cherche à nous plonger au cœur des saveurs et des mélanges, Les Saveurs du palais ne captive guère, jonglant entre la base antarctique perdue dans le froid rocheux et le raffinement du palais de l’Élysée.
On notera, aux côtés de Catherine Frot (dont le rôle n’est pas bien difficile), l’interprétation difficilement supportable de Jean d’Ormesson en président de la République. Bien loin de la simplicité traditionnelle qu’il appelle de ses vœux en cuisine, son personnage en fait des tonnes et il vient alourdir bien inutilement des séquences qui se veulent décisives dans le film.

 




samedi 29 juillet 2023

Carré d'as pour Django (Le due facce del dollaro de R. Bianchi Montero, 1967)





Western spaghetti qui a tout de l’exploitation de filon. Les aficionados les plus purs y trouveront ce qu’ils viennent chercher. Et la fin, sans être exceptionnelle, a le (grand) mérite de surprendre.
Cela dit le titre français laisse songeur : si un des personnages se nomme bien Django il n’est nulle part question de poker. Mais l’on sait combien tout n’est qu’affaire d’exploitation et combien le nom de Django est devenu mythique (et donc commercial) dans le monde du western spaghetti.

 

jeudi 27 juillet 2023

La Ballade de Buster Scruggs (The Ballad of Buster Scruggs de J. et E. Coen, 2018)





Film à sketchs dont les différentes histoires embrassent toutes le thème de la Frontière. Passant en revue de nombreux stéréotypes du western avec plaisir (on croise un gunfighter, un braqueur de banque, un prospecteur, un convoi de pionniers, etc.), les frères Coen s’amusent. On regrette que les sketchs soient inégaux dans leur efficacité ou leur drôlerie, mais il s’agit là sans doute d’une limite de ce type de films.
Le sketch inaugural (qui donne son titre au film), Près d’Algodones, Gorge dorée ou La Fille qui fut sonnée sont très réussis et participent sur un registre comique à la légende de l’Ouest.

 




mardi 25 juillet 2023

Mission impossible : Dead Reckoning, partie 1 (Mission: Impossible – Dead Reckoning Part One de C. McQuarrie, 2023)

 



Septième opus d’une série désormais bien rodée, ce Mission impossible ne peut guère surprendre. Comme la recette ne change pas d’un film à l’autre, on sent bien que celui qui a aimé les précédents films aimera celui-ci et que celui qui n’a pas supporté les précédents ne supportera pas celui-ci non plus. A l'image de sa star dont la plastique et le punch restent inchangés, la série se maintient.
Il y a bien quelques scènes d'action parfois trop longues, mais le climax final dans le train
  – comme un écho au premier épisode de la série – est très réussi.

Bien entendu il ne s’agit de rien de plus que d’un film calibré pour cartonner à l’international. Mais le film n’est rien de moins non plus : il faut admettre que la série ne sombre pas, au fil des épisodes, et se maintient. Tom Cruise fait le job avec énergie et efficacité et ses acolytes forment une équipe maintenant consolidée.

On se demande cependant, de plus en plus, si les spectateurs ne trouvent pas dans Ethan Hunt un succédané à James Bond, ce héros de cinéma quelque peu dévitalisé ces dernières années (en particulier dans les films où il est interprété par Daniel Craig). Hunt, lui, on l'a dit, ne change guère, il s’est même raffermi, laissant de côté ses déboires sentimentaux (tout l’inverse de James Bond) et surfe toujours plus sur les gadgets high-techs, autrefois chasse gardée de 007. Bien sûr Hunt n’a pas l’enrobage de Bond (pas de cocktail, pas de séduction, pas de mondanités décontractées), mais il se peut néanmoins que les spectateurs célèbrent d’autant plus ses folles équipées qu’il est désormais le seul héros agent secret à tenir encore la barre.

 


vendredi 21 juillet 2023

Chef (J. Favreau, 2014)





Le principal intérêt de ce film guère convaincant de John Favreau est qu’il met en scène un chef cuisinier de sorte que, à plusieurs reprises, la nourriture est le sujet du film, ce qui est assez rare dans le cinéma américain.

Mais le scénario cousu de fil blanc et l’interprétation assez laborieuse de Favreau lui-même ramollissent le film et le rendent tout à fait fade. De sorte que même s’il se paye le luxe de voir de petits rôles portés par des acteurs de renom (on croise Dustin Hoffman, Scarlett Johansson ou Robert Downey Jr), Chef s’oublie assez vite.

On notera, cela dit, le parcours étrange du chef cuisinier héros du film : alors qu’il dirigeait la cuisine d’un grand restaurant français de Los Angeles, il finit en sillonnant les routes dans un food truck, où il prépare des sandwichs et autres tacos. On ne saurait mieux résumer, finalement, le rapport des américains à la nourriture.

 

 

 

lundi 17 juillet 2023

Jumanji (J. Johnston, 1995)

 



Film calibré pour les enfants, Jumanji avait eu une résonance lors de sa sortie à la fois par les effets spéciaux post Jurassic Park qui était alors une révolution visuelle, et par Robin Williams, alors superstar. Mais le film ne va pas bien loin, le jeu au cœur du film ne consiste à peu près en rien d’autre que de lancer les dés et, ensuite, de croiser les doigts face aux calamités qui se déversent. Tout cela n’a pas beaucoup de sens et reste un divertissement bas de gamme.




samedi 15 juillet 2023

Okja (J. Bong, 2017)

 



Si le film démarre gentiment, sur une thématique proche de Sauvez Willy (le franchement mièvre en moins), il dérive ensuite vers la fable anti-industrielle et anticapitaliste. Mais, quand bien même il joue des codes de la comédie, l’univers brossé par Bong Joon Ho ne s’embarrasse guère de finesse. Qu’il s’agisse de la PDG dépressive et psychotique au possible (Tilda Swinton, parfaite) ou du vétérinaire allumé (étonnante composition de Jake Gyllenhall), le portrait de la société est brossé à très gros traits. Mais l’ensemble est amusant, malgré une morale facile et faiblarde qui décrédibilise trop le film.
On regrette cependant une image : celle, en fin de film, où l’on voit tous les super-cochons amassés dans un camp de barbelés et poussés vers l’abattoir. L’évocation des camps de concentration est très nette et l’assimilation à la Shoah on ne peut plus claire. Il y a là un parallèle qui fait frissonner. S’il est terrifiant et épouvantable de traiter des humains comme des cochons, on ne saurait, en revanche, dénoncer le sort des cochons en l’associant à celui des humains.



mercredi 12 juillet 2023

La Première folie des Monty Python (And Now for Something Completely Different de I. MacNaughton, 1971)





Dans ce premier long-métrage des Monty Python, on retrouve déjà leur verve tout feu tout flamme qui les conduit volontiers vers l’absurde, le cynique, le sanguinolent ou parfois le mauvais gout. La troupe de comédiens s’en donne à cœur joie et certains sketchs sont très drôles. L’on s’amuse aussi de voir les acteurs se démultiplier et camper une foule de personnages.
Le film est présenté comme une suite de sketchs habilement cousus les uns aux autres, bien qu’ils soient sans rapport (ce que John Cleese, revenant sans cesse d’un rôle à l’autre, nous dit savamment « et maintenant quelque chose de complètement différent… »). On retrouvera dans Le Sens de la vie, en plus abouti encore, cette facilité à bondir d’une séquence à l’autre. Mais, déjà, dès ce premier film, en se permettant des interludes, des digressions, des coupures, des adresses au spectateur et autres facéties en tous genres, la petite troupe montre toute son imagination débordante et tout son sens comique.


 

samedi 8 juillet 2023

What a flash! (J.- M. Barjol, 1972)

 



Complètement ancré dans une époque, sans tenue et sans teneur, s'en remettant à une improbable improvisation ou à une supposée capacité à saisir les choses, Jean-Michel Barjol filme des personnes lâchées sur un gigantesque plateau. Cette débauche et cette frénésie se révèlent bien sûr être un grand n’importe quoi, sans créativité, sans émotion, mais qui laisse paraître les grandes prétentions artistiques des participants autant que celles du réalisateur.
Malgré la curiosité de la distribution (on croise dans ce fourre-tout Bernadette Lafont, Jacques Doillon ou quelques autres acteurs reconnus), on oublie vite ce gloubi-boulga, qui ne peut guère intriguer bien longtemps.