vendredi 24 juillet 2020

La Main du diable (M. Tourneur, 1943)




Ce film fantastique original et intelligent bénéficie d’une belle idée scénaristique et d’une histoire en flash-back bien menée. Si l’on comprend assez vite le piège tendu, on suit avec délice la descente aux enfers (ou plutôt les rencontres de plus en plus compromettantes avec le Diable) de Roland Brissot (impeccable Pierre Fresnay, comme toujours).
Le film propose ainsi une variation originale du mythe de Faust, distillant une peur croissante chez Brissot et, par là-même, chez le spectateur. Des scènes de comédie (à l’auberge notamment) se mêlent pourtant à cette peur grandissante et créent une étonnante dissonance. De la même façon, d’autres scènes surprennent par leur accent expressionniste violent (lorsque Brissot rencontre les malheureux qui ont, comme lui, signé un pacte diabolique).
Mais Maurice Tourneur construit son film avec sobriété, en particulier dans la représentation de l’effroi, évitant le plus souvent de montrer directement cette main effrayante (1). Un parti-pris de mise en scène qui, on le sait, sera magnifié par son fils
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(1) : L’étrange plan de coupe où l’on voit directement le contenu du fameux coffret avec la main qui bouge n’est pas de Tourneur mais de Jean Devaivre, son assistant, qui prendra le relais quand les circonstances difficiles de la réalisation l’exigeront (le film est tourné pendant la guerre dans les studios Continental-Films aux mains des Allemands).


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