
Très bon film de
Peter Yates, Les Copains d’Eddie Coyle est très typique des années
70 américaines où, bien loin des standards hollywoodiens classiques, la
caméra reste fixée sur une Amérique paumée et défraichie, au milieu des
quartiers malfamés et des entrepôts abandonnés. Eddie Coyle, au cœur du film,
parfaitement campé par Robert Mitchum, bien loin d’être un héros, n’est qu’un
petit malfrat sans grande envergure, qui trempe dans différentes combines,
cherche à payer ses factures et à éviter la prison.
Pas de braquage spectaculaire et magnifique (on vend des armes mais on ne s’en sert pas), pas de grand affrontement, pas de poursuite en voiture mémorable, pas de final réparateur ou vengeur, pas de rédemption ou de belle morale : il n’y a rien que de la bidouille pour Eddie Coyle, entouré de médiocres, de ratés et d’indics au milieu des bars minables.
Tout n’est que manigances et solitude (contrairement au titre ironique, Eddie Coyle ne peut compter sur personne, loin s'en faut), jeu de chat et de la souris avec les flics, petites vies banales et piteuses. Ici le crime ne paye pas, on est loin des grands films de gangsters qui ont fait le genre (L’Ennemi public, Scarface ou L’Enfer est à lui avec la figure du criminel magnifiée et fascinante à bien des égards) autant que des films contemporains (Le Parrain avec l’aristocratie du crime). Ici ce sont les petites gens du crime que l’on côtoie, avec leurs vies vaines et sans avenir.
Et c’est cette humeur générale qui est la vraie réussite du film de Yates : aucune énergie débordante ici, tout semble dévitalisé (malgré de bonnes séquences d’action mais qui ne sont pas filmées sous un angle spectaculaire), aucune pulsion de vie, l’image est triste et terne. Et qui mieux que Robert Mitchum pour donner cette impression de fatigue, d’usure, de grande lassitude ? Incapable d’agir sur les choses, manipulé et sans ressort, Eddie Coyle est de ces personnages dont la vie est déjà finie, comme un petit rouage rouillé d’une machinerie qui lui échappe. Succombant sans même s’en rendre compte à une dernière manipulation, sa mort même est minable, habilement rejetée hors du cadre, c’est un non-évènement au milieu des commentaires des tueurs de bas-étages.
On notera l’hommage au film de Tarantino puisque le titre de son Jackie Brown (qui nous fait croiser lui aussi des bandits minables à bout de course) reprend le nom d’un des protagonistes.
Pas de braquage spectaculaire et magnifique (on vend des armes mais on ne s’en sert pas), pas de grand affrontement, pas de poursuite en voiture mémorable, pas de final réparateur ou vengeur, pas de rédemption ou de belle morale : il n’y a rien que de la bidouille pour Eddie Coyle, entouré de médiocres, de ratés et d’indics au milieu des bars minables.
Tout n’est que manigances et solitude (contrairement au titre ironique, Eddie Coyle ne peut compter sur personne, loin s'en faut), jeu de chat et de la souris avec les flics, petites vies banales et piteuses. Ici le crime ne paye pas, on est loin des grands films de gangsters qui ont fait le genre (L’Ennemi public, Scarface ou L’Enfer est à lui avec la figure du criminel magnifiée et fascinante à bien des égards) autant que des films contemporains (Le Parrain avec l’aristocratie du crime). Ici ce sont les petites gens du crime que l’on côtoie, avec leurs vies vaines et sans avenir.
Et c’est cette humeur générale qui est la vraie réussite du film de Yates : aucune énergie débordante ici, tout semble dévitalisé (malgré de bonnes séquences d’action mais qui ne sont pas filmées sous un angle spectaculaire), aucune pulsion de vie, l’image est triste et terne. Et qui mieux que Robert Mitchum pour donner cette impression de fatigue, d’usure, de grande lassitude ? Incapable d’agir sur les choses, manipulé et sans ressort, Eddie Coyle est de ces personnages dont la vie est déjà finie, comme un petit rouage rouillé d’une machinerie qui lui échappe. Succombant sans même s’en rendre compte à une dernière manipulation, sa mort même est minable, habilement rejetée hors du cadre, c’est un non-évènement au milieu des commentaires des tueurs de bas-étages.
On notera l’hommage au film de Tarantino puisque le titre de son Jackie Brown (qui nous fait croiser lui aussi des bandits minables à bout de course) reprend le nom d’un des protagonistes.
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