jeudi 21 mai 2026

Sirat (O. Laxe, 2025)

 



Film surprenant à plus d’un titre, Sirat commence en suivant un axe (un père cherche sa fille fugueuse) et, sans le dire vraiment, continue en suivant progressivement une autre piste jusqu’à oublier totalement son idée de départ (non seulement le père ne trouvera jamais sa fille, mais il n’en sera finalement plus du tout question et il perdra bien davantage). Cette façon d’échapper à la trajectoire attendue est une très bonne idée de départ à même d’embarquer le spectateur loin du confort de son siège. Et, quand le père et le fils sont embarqués dans leur équipée dont on ne sait encore exactement où elle les mènera, le choc du premier drame marque une rupture totale dans le film qui bascule alors complètement : on comprend que la recherche de la fille disparue n’est plus du tout le sujet.
Malheureusement, entre temps, alors que le père et le fils s’enfoncent dans le désert, Olivier Laxe s’égare un peu lui aussi en chemin et le film perd en rythme avec plusieurs séquences  ennuyeuses. C’est bien dommage, tellement l’idée était porteuse avec une séquence finale (dans le champ de mines) terrible et inattendue et qui achève la redirection réussie du film vers le néant.
On comprend que le film puisse diviser, entre le malaise que crée le côté Freaks de plusieurs protagonistes (le film de Browning est clairement cité) et la tension provoquée par la communauté de marginaux, le tout immergé dans de la musique techno. Même si, il faut bien le regretter, c’est surtout ce rythme lâche et distendu avec un gros creux en milieu de film qui déçoit.


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