samedi 18 décembre 2021

La Veuve Couderc (P. Granier-Deferre, 1971)





Film adapté de Simenon et porté par de grands acteurs, La Veuve Couderc déçoit quelque peu. La peinture rurale semble toujours un peu forcée, la faute peut-être à Simone Signoret qui joue très bien la femme de ferme veuve mais ne se fait pas oublier. Or un grand rôle commande que l’acteur se fasse oublier (que l'on voit le personnage et non l’acteur) et plus l’acteur est connu plus cela est difficile (avec Signoret on retrouve le même défaut dans Le Chat réalisé l’année précédente).
Si la sauce ne prend pas vraiment c’est aussi parce que Pierre Granier-Deferre ne saisit qu'imparfaitement Alain Delon (qui est décidément bien difficile à filmer). Si son personnage intériorise beaucoup (ce qui est une condition sine qua non pour que Delon puisse exprimer ses qualités), il ne s’exprime guère. Or tout le jeu de Delon est de s’exprimer sans rien dire ni rien faire. C’est là qu’est son génie minimaliste. Bien des réalisateurs l’ont saisi (de Clément à Melville) mais Granier-Deferre a du mal à utiliser sa star au mieux : le personnage de Jean Lavigne reste froid et monolithique, on ne sent guère un combat ou une complexité intérieurs, comme des couches psychologiques qui se superposent et se mélangent.

On comprend alors que, entièrement centré sur son duo d’acteurs, le film peine à convaincre et ne marque guère le spectateur.

 

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