samedi 15 juillet 2023

Okja (J-h. Bong, 2017)

 



Si le film démarre gentiment, sur une thématique proche de Sauvez Willy (le franchement mièvre en moins), il dérive ensuite vers la fable anti-industrielle et anticapitaliste. Mais, quand bien même il joue des codes de la comédie, l’univers brossé par Bong Joon Ho ne s’embarrasse guère de finesse. Qu’il s’agisse de la PDG dépressive et psychotique au possible (Tilda Swinton, parfaite) ou du vétérinaire allumé (étonnante composition de Jake Gyllenhall), le portrait de la société est brossé à très gros traits. Mais l’ensemble est amusant, malgré une morale facile et faiblarde qui décrédibilise trop le film.
On regrette cependant une image : celle, en fin de film, où l’on voit tous les super-cochons amassés dans un camp de barbelés et poussés vers l’abattoir. L’évocation des camps de concentration est très nette et l’assimilation à la Shoah on ne peut plus nette. Il y a là un parallèle qui fait frissonner. S’il est terrifiant et épouvantable de traiter des humains comme des cochons, on ne saurait, en revanche, dénoncer le sort des cochons en l’associant à celui des humains.



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