
Film très réussi de Xavier Beauvois qui parvient à
parfaitement saisir ses personnages, emmenant notamment Caroline Vaudieu (bien
campé par Nahalie Baye) dans une solitude sombre et infinie.
Le film met pourtant un peu de temps à démarrer et il
ne convainc pas réellement jusqu’à l’agression contre le petit lieutenant, qui
surprend le spectateur. Et c’est ensuite, de cette tension née autour du
blessé, que le film prend davantage corps. Le rôle de Vaudieu devient alors
central et même s’il est assez convenu, ce personnage donne une humeur sombre
au film : c’est une femme brisée par la vie qui se projette dans ce jeune
homme, femme qui pourrait s’en sortir, qui rechute, qui est perdue, qui est et
sera toujours seule.
Le vrai sujet du film, derrière les personnages, est bien celui de la solitude. Vaudieu qui trouvait un fils de substitution avec Antoine
(dont la jeunesse était un coup de punch dans cet univers usé, malgré des
fêlures, d’emblée, avec son attitude égoïste et peu compréhensive avec sa
compagne), Antoine, donc, qu’elle ne parvient pas à protéger. Mais solitude
aussi pour tout le groupe des policiers qui, derrière leur camaraderie et
derrière les apparences sociales, laisse poindre ses failles, failles qui laissent
toujours les hommes seuls (Mallet qui ne suit pas Antoine permettant ainsi
l’agression, Solo visé par le racisme ordinaire, etc.). Beauvois montre très
bien combien, ici, chacun est une île déserte avec cette infinie tristesse qui
l’accompagne.
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