lundi 9 février 2026

Une ville d'amour et d'espoir (Ai to kibō no machi de N. Oshima, 1959)

 



Dès son premier film, Nagisa Oshima vise juste en cadrant ce Japon pauvre, sombre, où tout est une lutte (pour se nourrir, s’en sortir, tisser des rapports humains, avancer tant bien que mal). Donnant une large teinte néoréaliste à son sujet, Oshima joue de l’opposition des classes sociales et travaille avec beaucoup d’habileté autour de son scénario, ne révélant que très tard l’escroquerie qui est au cœur du film (escroquerie délicieuse, presque charmante : Masao vend toujours le même pigeon voyageur puisque celui-ci, immanquablement, retourne dans sa maison). Mais cette escroquerie trompe sur Masao et sa fausseté le perd. Lui qui, pourtant, fait ce qu’il peut, perdu entre des études qui sont une possibilité d’un mieux dans le futur et cette vie de tous les jours, qui le contraint tellement.
Très moderne, vif, braquant sa caméra sur le Japon des ruelles et des trottoirs sordides, Oshima amorce ici le premier film de sa
Trilogie de la jeunesse, qui ira vers des réalisations encore plus sombres et – pour L’Enterrement du soleil – presque désespérées et tout à fait tragiques.


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