samedi 23 février 2013

La Ligne générale (Генеральная линия de S. M. Eisenstein, 1929)




Important film d’Eisenstein qui, comme toujours, est coincé dans le cardan des desideratas du parti. Son film se voulait être un destin individuel (celui de la jeune Marfa), mais il devint progressivement une propagande sur la beauté et l’efficacité des fermes collectives. La dimension de propagande – ou même parfois de publicité – saute aux yeux mais ne doit pas empêcher les qualités du film, notamment toutes les innovations de son auteur.



En effet, ce que l’histoire du cinéma retient c’est bien plus la mise en scène d’Eisenstein, avec ses mouvements de caméra, ses gros plans des paysans et, bien entendu, son montage si novateur.
On sait combien Eisenstein avait théorisé le montage, le film est un exemple d’application des principes qu’il a énoncés. C’est ainsi que de nombreuses séquences, de par leur découpage, sont entrées à la postérité, avec par exemple le célèbre montage parallèle lorsque l’écrémeuse se met à fonctionner.



Et, de façon plus générale, c’est tout le film qui monte en tension grâce au travail sur le rythme du montage des séquences.

Si, dans son propos le film s’écarte donc de ce que voulait dire Eisenstein, il a eu davantage la main sur le montage. Encore qu’il faille nuancer le propos : ses travaux de montage n’étaient pas du goût du pouvoir qui remodela certaines séquences. La patte géniale d’Eisenstein sur La Ligne générale est ainsi entrecoupée par des scènes insérées après coup.

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