vendredi 13 janvier 2017

Rogue One : A Star Wars Story (G. Edwards, 2016)




Nouvel épisode de la saga (qui va donc être exploitée comme on exploite un filon de charbon : jusqu’à ce qu’il rende l’âme) et qui constitue un moment intermédiaire entre le premier triptyque (datant des années 90-2000) et le second (datant des années 70-80). C’est donc un épisode trois et demi.
De là naissent deux contraintes majeures, l’une plutôt positive, l’autre beaucoup plus négative (pour les fans de la saga, s’entend).
Tout d’abord, aucun des personnages principaux dans le film n’étant présent dans l’épisode suivant, il est très vite tout à fait clair qu’ils vont tous mourir à la fin du film. Voilà une originalité (pour un blockbuster) tout à fait intéressante et loin des happy-ends fadasses.
Mais, comme durant cet épisode les Jedi se font rares (scénario oblige : ils sont massacrés dans le volet précédent), il n’est guère question de « force », de sabre-lasers ou d’initiation. Cette épaisseur – un peu chevaleresque, un peu mystique – très présente dans tous les autres épisodes de La Guerre des étoiles (et qui en fait une grande partie de son charme), est donc tout à fait absente (sauf au travers du personnage du moine aveugle, qui est une version tibéto-shaoline des Jedi, assez peu convaincante). Il en ressort que cet épisode est donc dénué du charme que la saga peut distiller (sur les anciens épisodes surtout) : on a finalement affaire ici à un simple blockbuster de science-fiction, efficace mais guère original.
Le film nous offre ainsi de bonnes séquences d’action, des effets visuels saisissants, avec une véritable dimension de space-opera et la dernière partie du film, sur cet aspect, est une réussite.

Il est regrettable aussi que l’on retrouve dans cet épisode deux des principaux travers de la saga. D’une part, les personnages principaux manquent cruellement de personnalité et sont aussi transparents que caricaturaux. D’autre part, le scénario offre des béances fatigantes. Par exemple : on se demande pourquoi Galène Erso, qui parvient à envoyer un message d’alerte aux rebelles, n’envoie pas l’indispensable plan de l’Étoile de la mort qui va avec ; en tant que concepteur de l’arme depuis quinze ans, la chose devait être possible…

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