mardi 16 mai 2017

Graine de violence (Blackboard Jungle de R. Brooks, 1955)




Ce film célèbre de Richard Brooks apparaît aujourd’hui très daté et assez caricatural, mais il fait partie de la première salve d’attaque du cinéma contre l’Amérique (ici à propos de la violence des jeunes), avant l’avènement du Nouvel Hollywood.
Les jeunes présentés ici sont de jeunes adultes, absolument ingérables, semi-délinquants pour la plupart (seul un élève noir est clairement montré comme récupérable) et clairement dangereux pour quelques-uns. La solution proposée semble bien fragile (repérer et extraire de la classe la frange délinquante) et on a bien du mal à voir une issue positive possible à ce problème des jeunes des quartiers déshérités.
On trouve un écho à ce film dans les films de Nicholas Ray : Les Ruelles du malheur ou, évidemment, dans La Fureur de vivre. Mais Brooks va moins loin que Ray : il centre son film sur un enseignant (d’abord dépassé puis volontaire) et non pas sur les jeunes eux-mêmes. Dès lors le film agit comme une dénonciation mais ne se propose pas de fouiller pour chercher à comprendre un phénomène (ce que Ray propose dans La Fureur de vivre, en évoquant des histoires familiales et en montrant des aspirations ou des déceptions).

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