vendredi 19 février 2021

Simone Barbès ou la Vertu (M.- C. Treilhou, 1980)



Étonnant film qui traîne une lassitude d’emblée, en confinant ses personnages dans des milieux interlopes glauques. Le film reflète une fin, un basculement d’époque, basculement qui n’est pas dit ou même évoqué directement mais que l’on sent parfaitement. Plus qu’un cinéma de la gueule de bois, c’est un cinéma du désespoir. Il y a du Houellebec dans l’humeur de ce film, avec la même désillusion, la même lassitude, la même incapacité à communiquer, le même regard vide face à tout ce qui s’est perdu avec la modernité, la laideur du monde, l’émancipation, la libération sexuelle, toute cette tambouille sociale qui, nous dit le film, n’emmène pas bien loin. Simone, carrefour et réceptacle de ces trajectoires perdues est elle aussi perdue et elle le sait parfaitement, même si elle se ment encore à elle-même.
La fin, lorsque Simone conduit un autre déraciné de la nuit, est remarquable : elle donne une dimension supplémentaire à ces deux êtres perdus qui cessent, pour un instant, de s’illusionner. Ce dernier quart d’heure a une puissance étrange et envoûtante.




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