lundi 3 octobre 2022

La Condition de l'homme (Ningen no jōken de M. Kobayashi, 1959)

 



Incroyable film de Masaki Kobayashi, d’une durée invraisemblable (trois parties qui totalisent plus de neuf heures de projection), mais qui lui permet de dérouler une fresque immense, entrainant son héro Kaji, porteur d’une humanité, d’un espoir et d’une vitalité immenses, au travers des mille affres de la vie. Et, sans complaisance, Kobayashi regarde l’humanité et l’inhumanité droit dans les yeux tout au long du film.
Démarrant sur des thèmes très originaux, le film s’enrichit sans cesse, à mesure que Kaji, entrainé par son destin, rencontre des supérieurs tantôt tyranniques et cruels tantôt compréhensifs, des compagnons d’infortunes bornés et violents ou bien humains et emplis de bonne volonté. Réceptacle de l’humanité du réalisateur, traversant la guerre comme un chemin de croix, Kaji personnifie l’homme confronté à une société violente et à la guerre.

En ligne directe de Kurosawa, Kobayashi film avec lyrisme et emphase, donnant une impulsion forte à des images parfois très crues, construisant des séquences magnifiques et vibrantes.

Et Kaji, marqué par les coups qu’il reçoit, par les expériences qu’il traverse, par les illusions puis les désillusions, tantôt plein de foi en son prochain, tantôt plein de colère, porté par un espoir fou et par son amour pour Michiko, écrasé par la cruauté du Japon, rassemblant autour de lui tous les espoirs de ses camarades, prophète maudit (il y a du Job dans le personnage sur lequel le destin s’acharne), achève sa quête de façon poignante, à la fois très sombre mais philosophiquement très belle.

 

Tatsuya Nakadai fait une composition exceptionnelle (mais l’on sait le très grand talent de l’acteur), donnant une humanité extraordinaire à ce personnage, qui apparait d’abord porté par des idéaux presque naïfs, reste toujours digne et inflexible, puis s’endurcit et réagit comme il peu à la violence du monde.

 

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