mardi 11 février 2025

Frozen River (C. Hunt, 2008)





Courtney Hunt rate un peu le coche, dans ce drame finalement peu prenant et sans doute trop convenu.
Le rythme lent cherche à fixer à l'image une Amérique qui rame et où les personnages font ce qu’ils peuvent pour s’en sortir, entre la vie dans des mobile-homes vieillots ou dans des caravanes, les voitures délabrées, les boulots difficiles (quand seulement il y en a), sans le sou, sans grand espoir. Ce qui occupe le cadre, c’est l’Amérique hors-champ, celle délaissée bien souvent par Hollywood et son clinquant (mais, quand même davantage filmée depuis le Nouvel Hollywood : il devient assez banal de montrer ce que beaucoup ont déjà montré).
Hunt s’applique à voir les choses avec une volonté de réalisme, prenant le temps de suivre ses héroïnes marcher dans la neige, disparaître sur le lac gelé, s’affaler dans un canapé crasseux, à bout de souffle.
Mais, passé cette application à montrer les choses, cette histoire de deux femmes d’abord opposées, ensuite associées par la force des choses et qui, finalement, se sacrifient l’une pour l’autre, est peut-être un peu trop misérabiliste et trop forcée. La seule touche d’espoir, finalement, ne viendra que d’elles-mêmes et de leur relation, mais jamais de ce monde extérieur montré comme impitoyable (le mari est absent et il dilapide les maigres économies familiales, le chef de service est caricatural, etc.).

 

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