samedi 10 janvier 2026

Sombre (P. Grandrieux, 1998)

 



Inclassable et éprouvant, Sombre se rapproche d’autres films autour de tueurs, en particulier 
Schizophrenia et Henry, portrait d’un serial killer, films iconiques et bien loin de toute idéalisation de ce personnage si souvent travaillé par le cinéma. Ici aussi tout est sombre, angoissant, sans échappatoire et sans respiration possible. Et, ici aussi, il n’y a pas d’explications, par de prise de recul : Jean tue les femmes qu’il croise, voilà tout.
La forme proposée par Philippe Grandrieux, autant que le fond, écrase tout : la caméra est mobile, bouscule le regard, se retourne, pivote vers le ciel, capte un visage et repart de plus belle. Le cadre est toujours resserré, sans jamais laisser rien entrer du dehors. L’image, tournée en vidéo, est irrémédiablement sombre, austère, avec ses couleurs toujours sous-saturées et le montage, volontiers confus, est haché et brusque.
Le film met mal à l’aise, il n’est pas plaisant et toujours austère : c’est bien là le but recherché et, en ce sens, il est une réussite.


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