Schizophrenia et Henry, portrait d’un serial killer,
films iconiques et bien loin de toute idéalisation de ce personnage si souvent travaillé
par le cinéma. Ici aussi tout est sombre, angoissant, sans échappatoire et sans
respiration possible. Et, ici aussi, il n’y a pas d’explications, par de prise
de recul : Jean tue les femmes qu’il croise, voilà tout.
La forme proposée par Philippe Grandrieux,
autant que le fond, écrase tout : la caméra est mobile, bouscule le regard, se
retourne, pivote vers le ciel, capte un visage et repart de plus belle. Le
cadre est toujours resserré, sans jamais laisser rien entrer du dehors. L’image,
tournée en vidéo, est irrémédiablement sombre, austère, avec ses couleurs
toujours sous-saturées et le montage, volontiers confus, est haché et brusque.
Le film met mal à l’aise, il n’est pas
plaisant et toujours austère : c’est bien là le but recherché et, en ce
sens, il est une réussite.

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