
Remarquable film d’Olivier Assayas – un de ses plus
aboutis sans doute – qui nous entraîne aux côtés de Gilles dont on va suivre l’itinéraire
(dans lequel il y a beaucoup d’autobiographie), avec ses rencontres, en
particulier Laure, qui le hante jusqu’au bout.
L’univers de cet après mai 68 est très bien senti, on n’est pas très loin de More par moment. On voit qu’Assayas ne cherche pas à recréer 1971 mais qu’il regarde cette période avec ses yeux de 2012, maintenant qu’il a une carrière établie (de critique à réalisateur) et une grande reconnaissance. Comment souvent chez Assayas, mais ici avec des entrelacements prononcés, la ville apparaît comme le lieu de la violence et la campagne comme celui de l’apaisement. L’action d’un côté, la contemplation de l’autre.
Cela dit, si Assayas capte parfaitement la confusion des jeunes adultes – avec la violence des luttes, les réunions étudiantes autour des slogans, les soirées psychédéliques, les entraides – là n’est sans doute pas le cœur du sujet. Le cœur du film est bien plutôt de parvenir à se décider et de parvenir à sortir de la confusion pour prendre une direction de vie. Assayas formule d’ailleurs la question et montre un début de réponse : c’est bien sûr loin des projets de cinéma bourgeois de son père (l’adaptation de Maigret) qu’il se trouvera. C’est en errant sur les plateaux (où des nazis affrontent des monstres en cartons), lorsqu’il finit par se promener entre les décors, passant de l’autre côté de l’écran, jouant avec cette façon de refuser le réel.
C’est ainsi que s’il capte l’énergie, il prend un recul sur celle-ci et cherche à lui donner un cadre (la pulsion de vie de jeunes adultes, la confusion des sentiments, les rencontres).
L’univers de cet après mai 68 est très bien senti, on n’est pas très loin de More par moment. On voit qu’Assayas ne cherche pas à recréer 1971 mais qu’il regarde cette période avec ses yeux de 2012, maintenant qu’il a une carrière établie (de critique à réalisateur) et une grande reconnaissance. Comment souvent chez Assayas, mais ici avec des entrelacements prononcés, la ville apparaît comme le lieu de la violence et la campagne comme celui de l’apaisement. L’action d’un côté, la contemplation de l’autre.
Cela dit, si Assayas capte parfaitement la confusion des jeunes adultes – avec la violence des luttes, les réunions étudiantes autour des slogans, les soirées psychédéliques, les entraides – là n’est sans doute pas le cœur du sujet. Le cœur du film est bien plutôt de parvenir à se décider et de parvenir à sortir de la confusion pour prendre une direction de vie. Assayas formule d’ailleurs la question et montre un début de réponse : c’est bien sûr loin des projets de cinéma bourgeois de son père (l’adaptation de Maigret) qu’il se trouvera. C’est en errant sur les plateaux (où des nazis affrontent des monstres en cartons), lorsqu’il finit par se promener entre les décors, passant de l’autre côté de l’écran, jouant avec cette façon de refuser le réel.
C’est ainsi que s’il capte l’énergie, il prend un recul sur celle-ci et cherche à lui donner un cadre (la pulsion de vie de jeunes adultes, la confusion des sentiments, les rencontres).
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