Henri Verneuil
délivre un film politique de type conspirationniste, reprenant un genre qui a
fait florès aussi bien aux Etats-Unis (avec Frankenheimer, Pakula ou Pollack),
en Italie (les films-dossiers de Rosi notamment) qu'en France (avec
Costa-Gavras ou Yves Boisset). La présence de Montand évoque évidemment
Costa-Gavras : il est ici dans le rôle du procureur sceptique qui enquête.
Sans le nommer
directement, le film reprend bien sûr l’assassinat de Kennedy et développe la
thèse du complot. Le nom de l’assassin présumé – que le procureur refuse de
désigner comme seul coupable – ne laisse aucun doute, puisque Daslow est une
anagramme d’Oswald. D’autres indices reprennent d’ailleurs l’assassinat de JFK.
Le film déroule alors avec application – mais sans grande originalité ou surprise –
l’enquête du procureur qui remonte les pistes une à une et parvient, presque, à
comprendre ce qui se passe.
On notera le film dans le film avec l’épisode de l’expérience de Milgram, que Verneuil reprend longuement. Très didactique là aussi, cette séquence aurait gagné à être exposée moins scientifiquement mais Verneuil, qui cherche à asséner son point de vue, ne fait pas dans la dentelle.
On notera le film dans le film avec l’épisode de l’expérience de Milgram, que Verneuil reprend longuement. Très didactique là aussi, cette séquence aurait gagné à être exposée moins scientifiquement mais Verneuil, qui cherche à asséner son point de vue, ne fait pas dans la dentelle.
C’est d’ailleurs
là le reproche de fond de son film : il n’y a pas de place à l’interrogation
ou au doute, on ne se situe pas dans la zone grise de l’incertitude. Non, Verneuil
sait qu’il y a eu un complot et il le démontre avec de gros sabots.
C’est bien
dommage, c’est dans l’incertitude qui plane que se situent les plus grandes
réussites du genre. Dans À cause d’un
assassinat, par exemple, plus le film avance et moins le héros comprend ce
qui se trame autour de lui. Les Trois
jours du condor se termine sur un terrible doute qui vient assaillir Turner
et remet en cause toutes ses certitudes. Rien de tout cela ici où la
démonstration se veut rigoureuse et convaincante. Et, comme toujours, un film
militant laisse peu de place à l’émotion et peine à convaincre le spectateur
qui n’est pas déjà convaincu.
Dans son JFK, Oliver Stone, sur le même thème et
même s’il assène de nombreuses « vérités » qui n’en sont pas
(beaucoup de « preuves » avancées ont été largement contredites),
cherche plus, in fine, à susciter
l’interrogation et le doute, après la commission Warren, qu’à asséner une
vérité.
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