mercredi 15 mai 2019

Le Voyage de Chihiro (Sen to Chihiro no kamikakushi de H. Miyazaki, 2001)




Ce très beau film de Hayao Miyazaki est sans doute l’un de ses plus aboutis. Tout au long de ce conte fantastique, il parvient à immerger le spectateur dans un univers à la fois simple et complexe, étrange et familier.
On ne s’attardera guère sur les métaphores qui emplissent le film et qui critiquent – de façon un peu facile et convenue – la société contemporaine (présentée tour à tour comme esclavagiste, aliénante, gloutonne, etc.). Le jeu sur l’identité rattachée au nom est assez juste, avec cette façon qu’a la sorcière Yubâba de prendre possession d’une personne en changeant son nom. De même, le souvenir des noms permet à ces esclaves soumis de s’émanciper de leur maître.
Mais là n’est pas l’intérêt principal de Miyazaki. La grande réussite du Voyage de Chihiro est bien entendu dans la très grande poésie qui s’en dégage, poésie étroitement liée à l’étonnante imagination de l’univers créé par Miyazaki. Comme souvent, son style parvient à un mélange de douceur, de couleurs, d’impressions légères, qui dépassent la stylisation de son trait pour construire une poésie très belle. On est bien loin des films d’animation américains (à l’exception, sans doute, des premiers longs métrages de Walt Disney), le plus souvent incapables de poésie.


C’est sans doute cette sensation légère et douce se diffusant à travers le dessin et les jeux de couleurs, qui a touché un large public et confère au Voyage de Chihiro – comme à de nombreux films de Miyazaki – une universalité remarquable, alors que le film est inscrit dans un style très typique (celui des mangas) et dans une culture japonaise très précise.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire