lundi 28 décembre 2020

L'Extase et l'Agonie (The Agony and the Ecstasy de C. Reed, 1965)

 

Même s’il n’est pas un grand film, L’Extase et l’Agonie procure un certain plaisir : celui de voir Michel-Ange à l’œuvre, le nez collé au plafond de la Sixtine, en haut de son immense échafaudage. Bien sûr cet aspect est très documentaire mais, pour le coup, il n’est pas dénué d’émotion. Les décors d’ailleurs sont remarquables : c’est qu’il a fallu reconstituer le plafond de la chapelle Sixtine en cours d’élaboration, avec les légendaires panneaux – dont on aura vu les dessins – progressivement enduits, décalqués et peints.
Charlton Heston fait un Michel-Ange très crédible : passablement misanthrope, au caractère impossible, mais conscient de son art. Mandaté par le pape lui-même (le très haut en couleur Jules II, bien campé par Rex Harrison), il se retrouve, pour des années, à même le plafond, plaqué contre la paroi, tout en haut, seul. Le film montre combien il est prisonnier de son génie : condamné au labeur solitaire de celui qui tutoie le divin – puisque lui seul parle le langage des Dieux, loin des autres hommes. Cet aspect magnifique d’une grandeur qui dépasse l’Homme et l’accable est très bien rendu.

Il y a dans L’Extase et l’Agonie cet aspect fascinant du cinéma qui tente de mettre des images – saisissantes qui plus est – sur un moment qui nous échappe : celui de la création. On est bien sûr dans la fiction, loin du procédé imaginé par Clouzot dans Le Mystère Picasso, mais, à sa façon, le film s’approche tout près du geste du peintre, de son état mental et de la façon dont il est happé par l’œuvre.




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