mercredi 21 avril 2021

La Route des Indes (A Passage to India de D. Lean, 1984)



La Route des Indes nous plonge dans l'Inde des années 20 et, si David Lean sait filmer avec majesté les fleuves, les flancs de montagne, les lumières ou les foules, il ne cherche pas à retrouver le légendaire lyrisme de Lawrence d'Arabie. Ici Lean, au contraire, et paradoxalement, presque, cherche à scruter au plus près ce qui traverse le cerveau de ses personnages, aussi bien Adela, remplie d'émotion par l'Inde, que Aziz Ahmed, le docteur qui admire, dans un premier temps, l'Empire britannique, avant de s'en détourner, subissant un opprobre injuste. Ahmed symbolise d’ailleurs parfaitement l’Inde : tenté par l’Empire britannique qu’il admire, vêtu à l’occidental, volontiers ami (et obséquieux) avec les Anglais, il rompt complètement après son procès, redevenant Indien de cœur et d’allure. Ce regard sur le personnage, allié à l’émotion de la jeune Anglaise découvrant l’Inde et ses charmes est tout à fait réussie. La Route des Indes annonce alors parfaitement, avec un quart de siècle d’avance, la rupture profonde qui va s’opérer entre ces deux pays qui, bien que proches et liés, irrémédiablement, vont se séparer.
On reste en revanche plus réservé sur le personnage campé par Alec Guinness : le professeur Godbole évoque irrésistiblement l'ami Peter Sellers, ce qui donne une touche comique involontaire au personnage. Ce pont entre les deux acteurs, en revanche, est un écho aux débuts de Peter Sellers, dont on sait qu'il fut, dans ses débuts, un second rôle auprès d'Alec Guinness lui-même, alors que celui-ci régnait sur la comédie à l'anglaise.


 

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