Immoral à souhait, porté avec un plaisir souverain par Raimu,
Ces messieurs de la santé s’amuse
avec le spectateur en lui faisant prendre du plaisir aux côté d’un bel escroc,
auquel on n’aimerait guère à se frotter. C’est
là un des jeux du cinéma que, parfois – et peut-être trop rarement –, il
s’ingénie à provoquer chez le spectateur une identification pour un personnage
que l’on n’aimerait pas croiser tous les jours. Mais voir Raimu partir d’en
bas, jouer le faux humble et le faux benêt pour mieux tromper son monde,
bidouiller à tout va en tirant toujours plus de ficelles est tout à fait truculent.
Bien sûr le trait est acide contre la société, emplie d’arrivistes, d’avares et
de prétentieux vides et crispés.
On retrouvera le même angle de vue dans Avec le sourire, aux côtés de Maurice Chevalier, qui donnera lui
aussi la part belle à l’escroc, à l’habile, au génie des affaires et des
arnaques, qui tricote et détricote à loisir en abusant de la confiance du
monde. Ce souffle à la fois frais et satirique rafraichit considérablement,
surtout à l’heure où le cinéma français se perd dans un premier degré pénible,
une lourdeur sans pareil et, pire que tout, un moralisme prétentieux et
hautain. On le savait mais, à l’aune de la fadeur bien pensante d’aujourd’hui,
on mesure combien Raimu nous manque…
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