mercredi 5 janvier 2022

Le Voleur (L. Malle, 1967)

 



Remarquable film de Louis Malle qui peint avec une sobriété et un brio parfaits la figure à la fois marginale et commune du cambrioleur. Même s’il ressemble à Arsène Lupin par sa mise élégante, Georges Randal s’en éloigne très vite : il confesse faire salement un boulot sale.
Jean-Paul Belmondo – pas encore Bebel – est remarquable de sobriété et d’intériorité (c’est là même l’opposé de ce que sera Bebel), avec une manière d’intégrer et de garder pour lui ce qu’il reçoit du monde (trahison, déception, deuil). Il construit alors peu à peu ce caractère solitaire dans lequel il s’enferme. C’est cette solitude que dessine parfaitement Louis Malle, comme une condamnation à laquelle il ne peut échapper, le silence et la discrétion du voleur répondant alors à l’immense solitude de Georges.


On regrette peut-être que Louis Malle – un peu à la manière de Chabrol – tape tant et plus sur les bourgeois (en couvrant par exemple l'oncle bourgeois de tous les défauts de sa classe sociale), alors que, lorsqu’il fixe son voleur au cœur du cadre, il dit bien plus de la société – de ce qu’elle exclut et de ce qu’elle détruit dans le cœur d’un homme.

 

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