vendredi 23 septembre 2022

La Cible parfaite (The Fearmakers de J. Tourneur, 1958)

 



Remarquable film de Jacques Tourneur (1), autour d’un sujet de société fondamental et rarement traité. Le cinéma américain, avec cette prescience formidable, a régulièrement traité de sujets rapidement devenus centraux (les médias dans Le Gouffre aux chimères, l’illusion de la célébrité dans Une femme qui s’affiche, etc.). Ici ce sont les instituts de sondage et leur subversion par les politiques qui sont au cœur du film.
Le film, en plus, a l’intelligence de prendre un héros troublé, qui revient de la guerre, éreinté et au bord de la rupture. Dana Andrews, avec son jeu mutique mais habité, construit parfaitement ce personnage de Alan Eaton. Son retour dans la société est alors d’autant plus éprouvant qu’il découvre les basses manœuvres qui subvertissent son travail initial et les manipulations tous azimuts qui se répandent dans la société au profit des politiques.
Est-ce Alan qui devient fou ou bien la société autour de lui qui devient folle ? Si l’on ajoute que les manipulations des sondages provoquent savamment la peur, on mesure combien les propos du film n’ont rien perdu de leur pertinence...



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(1) : Le titre traduit La Cible parfaite est tout à fait ridicule et l'on préfère le titre original, qu'il eût été si simple de traduire par « Les Marchands de peur ».

 



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