mercredi 16 septembre 2020

Arizona Junior (J. Coen, 1987)

 

Après un premier film réussi en forme de polar noir (Sang pour sang), Joël Coen change son fusil d’épaule et explore la comédie : il se fait donc plaisir avec ce film amusant, porté par un duo de personnages très bien campé par Nicholas Cage (qui reprend ici le même ton de looser dépassé que dans Peggy Sue s’est mariée) et Holly Hunter. Autour de ces deux-là, les multiples personnages font très cartoons et c’est là la première apparition de ce prototype de personnage, brossé à gros traits, faisant irruption dans le cadre sans le moindre doute, et que l’on retrouvera si souvent dans la filmographie des frères Coen : de Miller’s Crossing au Big Lebowski en passant par Intolérable cruauté ou O’Brother, c’est tout une galerie de portraits de personnages secondaires résolument burlesques qui emplissent les comédies des frères Coen.
Mais le film, peu à peu, abandonne le ton de comédie du début, qui avait une teinte de tragique désespéré porté par le couple McDunnough pour s’enfoncer dans un loufoque bien peu subtile. L’on regrette un peu cet équilibre du début qui parvenait à garder une certaine tenue, avec un montage très rythmé, une répétition de séquences très drôles, une voix off percutante, le tout formant une accroche réussie. Le film, sans doute, pâtit trop de ce burlesque loufoque qui dénature un peu la tentative désespérée du couple de construire une famille.


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