lundi 14 décembre 2020

Mesrine : L'Instinct de mort ; L'Ennemi public n°1 (J.- F. Richet, 2008)




Biopic en deux parties mais sans grande passion, Mesrine consiste en la mise en image de la vie de Jacques Mesrine. On a l’impression que le réalisateur a surligné les principaux faits d’armes de sa carrière – ses braquages, ses évasions, ses coups d’éclat au tribunal – et qu’il en donne une version visuelle. Mais c’est à peu près tout, le film ne nous dit rien d’autre.
On sait bien que le personnage du gangster se définit par son action, pourtant c’est dans les interstices de ces actes que se situe l’épaisseur supplémentaire du personnage, son essence, que Jean-François Richet ne parvient pas à saisir. Raoul Walsh, dans L’Enfer est à lui, montre bien que c’est le rapport entre Cody Jarett et sa mère qui explique sa violence psychotique qui le conduira jusqu’à la folie. Mais, ici, on n’apprend rien de Mesrine qu’un documentaire ne nous apprendrait, rien de ce que le gangster pensait, rien de ce qu’il était, hors de ses frasques, rien de ce en quoi il croyait ou de ce qui l’animait, au fond de lui. Le film se réduit alors à un film d’action par moment efficace mais très convenu.
Au cœur d’une distribution qui signe une superproduction à la française, Vincent Cassel fait le job, en cabotinant comme souvent, mais comme son personnage le permet on le lui reprochera moins. Cela dit l'acteur ne transcende pas l’écran, il reste appliqué et sans folie vibrante. Tout cela est violent mais très sage.


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