samedi 9 avril 2022

La Faute à Voltaire (A. Kechiche, 2000)

 



Abdellatif Kechiche, dont on sait la capacité à faire vivre des personnages, fourbit ses armes dans ce premier film. Si Kechiche n’a pas d’autre ambition que celle de saisir des moments de vie – comme il saura le faire si bien par la suite –, ce premier film manque d’âme et de cette puissance que le réalisateur trouvera si bien dans La Graine et le Mulet (qui est cité, de façon étonnante, avec quelques sept ans d’avance…).
Il faut dire que le cinéma de Kechiche repose beaucoup sur ses acteurs et, malheureusement, Sami Bouajila manque de charisme. Aure Atika n’est guère convaincante (même si son personnage a une beauté cachée quand elle repart avec son enfant et disparait au moment du mariage), pas plus qu’Elodie Bouchez, fatigante en nymphomane détraquée. On préférera Bruno Lochet en copain de galère au bon cœur.
En revanche on apprécie que, sur un sujet éminemment politique, Kechiche ne cherche pas à militer : on voit bien que la cause des immigrés, leur accueil, leur expulsion, leur rapport avec les forces de l’ordre ou les associations d’aide, tout cela n’est pas son sujet. Son sujet c’est de scruter ses personnages, de les regarder évoluer, aimer, se rapprocher, se déchirer. Sur ce plan La Faute à Voltaire, qui n’a pas cette puissance qu’auront d’autres films de Kechiche plus tard, a déjà cette singularité remarquable en elle-même.




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