vendredi 24 septembre 2021
D'Homme à hommes (Christian-Jaque, 1948)
mardi 21 septembre 2021
Le Magnifique (P. De Broca, 1973)
C’est ainsi que Philippe de Broca s’amuse à pasticher James Bond et, avec lui, en une jolie mise en abyme, tout ce que Belmondo a pu jouer de rôle de héros d’action vainqueurs avec le sourire. Les récents OSS 117, organisés autour de Jean Dujardin, citeront tant et plus ce Magnifique qui rappelle les grandes heures de Bebel.
Si l’on sourit et si l’on s’amuse, le film, malheureusement, de pastiche en pastiche et d’exagération en exagération, lasse quelque peu dès lors que l’on a compris le ressort principal du film. Mais enfin Bebel reste Bebel, avec sa dérision, son sourire et son charisme indéniable.
lundi 20 septembre 2021
Regards et Sourires (Looks and Smiles de K. Loach, 1981)

Il filme avec réalisme mais en s’attachant à ses personnages, il les peint avec précision et empathie, reste sincère avec eux, sans sombrer dans le misérabilisme.
Bien sûr on connaît les thèmes de Loach, qui, film après film, dénonce la misère sociale, mais, dans ses premières réalisations, il est plus efficace puisqu’il se garde de tordre ses personnages au service de ses idées. Ce sont Billy et son faucon qui comptent avant tout dans Kes, Janice laminée par ses parents dans Family Life, ici c’est l’histoire un peu bancale de Mick et Karen, leurs maladresses et leur naïveté qui sont le cœur du film. Le creuset social, les difficultés du chômage, la vie qui leur cogne dessus, cela passe au second plan. C’est là une force du film, que Loach aura tendance à oublier parfois, quand ses personnages représenteront l’Angleterre écrasée par la misère ou par le chômage. Alors, quand le personnage n’est plus qu’un passe-plat, la force du film manque et celui-ci devient un manifeste.
samedi 18 septembre 2021
36 heures avant le débarquement (36 Hours de G. Seaton, 1965)
Intéressant film de guerre qui vire assez vite au thriller
psychologique, avec un très bon ressort scénaristique (qui est aussi une
amusante mise en abyme du cinéma).
Si James Garner et Rod Taylor sont très bien (en particulier
Rod Taylor, qui donne une vraie sympathie à son personnage, rendant plus fourbe
encore le plan destiné à tromper l’ennemi), l’essentiel du film, cependant, on le sent très vite, réside
dans son scénario : c’est suffisant pour nous tenir en haleine, mais
insuffisant, sans doute, pour marquer durablement.
jeudi 16 septembre 2021
Pauline à la plage (E. Rohmer, 1983)

mardi 14 septembre 2021
L'Opéra de quat'sous (Die Dreigroschenoper de G. W. Pabst, 1931)
Très grand film (1) de G.W. Pabst, dont la maîtrise et l’humeur
très sombre envahissent chaque plan. La rigueur absolue de la construction se
manifeste à chaque instant, avec des plans nets et très travaillés, avec des mouvements
de caméra précis et envoûtants, avec des jeux de changements d’angles de vue
perturbants, avec des contrastes tout en clairs-obscurs.
La noirceur du film s’exprime aussi bien dans cette mise en
scène très formelle que dans l’histoire elle-même, qui nous fait naviguer de la
pègre aux loqueteux, en passant par des policiers corrompus ou des prostituées.
Aucune onde positive ne traverse l’écran : il n’y a ici que des renvois
aliénants d’un monde obscur, noir, qui est comme une face cachée du monde apparaissant
au cœur du plan. Les décors emplis d’ombre, d’entrepôts, de caves ou de
cellules aux barreaux lourds façonnent une atmosphère où même un repas de
mariage devient une farce grotesque, avec cet étalage d’objets volés et de
victuailles. Et l’on pense à Stroheim devant cette bande de voleurs
patibulaires qui s’esclaffent.
Et, bien entendu, enveloppant tout cet attirail étrange et sombre d’une humeur triste, les chansons que Pabst essaime ici et là – à la fois comme des apartés et comme une sorte de commentaire off – achèvent de donner une noirceur terrible au film, tant le cinéma ne nous a pas habitués à des musicals sombres et cyniques.
lundi 13 septembre 2021
J'accuse (A. Gance, 1938)
Il faut bien dire que l’espoir d’une paix durable (si ce n’est éternelle) est quelque peu ridicule avec le recul de l’Histoire et la fin, à ce titre, ne tient pas debout. J’accuse rejoint, par son thème, celui de La Fin du monde réalisé quelques années plus tôt – avec cette même adresse universelle à l’Homme – et c’est ici Victor Francen qui est le relais de Gance (qui jouait directement un personnage lui aussi habité et presque fou dans La Fin du monde).
Il faut également noter que l’intrigue amoureuse en tiroir (avec l’amour de la mère qui se dédouble ensuite au travers de la fille) est assez mal intégrée à ce manifeste contre la guerre.
Il reste, cela dit te même si Gance s'est beaucoup calmé en terme de créativité folle depuis ses films muets des années 20, quelques images étranges et fulgurantes qui traversent le film.
samedi 11 septembre 2021
Truman Capote (B. Miller, 2005)
Truman
Capote, plutôt qu’un contre-champ, est un
complément au fameux Cold Blood de Richard
Brooks, puisque l’on suit le fameux journaliste-écrivain dans son enquête au
Kansas. Mais si le film de Brooks est passionnant, ici, en revanche, l’ensemble
est assez mou et convenu.
Philip Seymour Hoffman fait une belle composition dans le
rôle titre mais, en revanche, le personnage de Smith, au cœur de l’intrigue et dont
la relation avec Capote est troublante, reste très fade. On se souvient du
magnifique Robert Blake qui, dans le film de Brooks, construisait un personnage
introverti et complexe, ici Clifton Collins est beaucoup trop insignifiant.
Surfant sur la mode des biopics, ce Truman Capote est bien
peu marquant et bien trop fade pour rester en mémoire.
jeudi 9 septembre 2021
Les Croix de bois (R. Bernard, 1932)
Magnifique film de Raymond Bernard qui jette ses personnages
dans l’enfer des tranchées. Sans trop jouer sur le pathos (on ne sait que peu
de choses des soldats que l’on suit, le réalisateur ne cherchant pas à nous
identifier plus avant à l’un ou l’autre), le film joue sur le réalisme des
combats et des tensions. À une séquence d’attente terrible (les soldats qui
doivent attendre à leur poste alors que les allemands creusent une galerie de
mine) succèdent les incroyables séquences de combat, violentes et très longues.
Immersives et happantes, leur longueur signifie en elle-même la folie qu’elles
engendrent, la disparition des repères, la déconnection du soldat, pris dans le
déferlement incessant des explosions. Et les copains qui meurent, ici, là, un
autre blessé, un autre fauché, tout cela ne s’arrête jamais.
Sans autre récit que ce gigantesque entonnoir dans lequel
tous s’embourbent, Raymond Bernard ne raconte pas la prise d’une colline ou un
fait de guerre, il laisse sa caméra errer sur le no man’s land, comme les
blessés hagards qui s’y recroquevillent.
Si les films de guerre abordent régulièrement ce regard sur
les combats – un regard qui consiste d’abord à perturber le spectateur et à l’emmener
au front, avant même de raconter une histoire (par exemple Requiem pour un massacre de Klimov) – Les Croix de bois fait figure de précurseur.
mardi 7 septembre 2021
Ces messieurs de la santé (P. Colombier, 1934)
Immoral à souhait, porté avec un plaisir souverain par Raimu,
Ces messieurs de la santé s’amuse
avec le spectateur en lui faisant prendre du plaisir aux côté d’un bel escroc,
auquel on n’aimerait guère se frotter. C’est
là un des jeux du cinéma que, parfois – et peut-être trop rarement –, il
s’ingénie à provoquer chez le spectateur une identification pour un personnage
que l’on n’aimerait pas croiser tous les jours. Mais voir Raimu partir d’en
bas, jouer le faux humble et le faux benêt pour mieux tromper son monde,
bidouiller à tout va en tirant toujours plus de ficelles est tout à fait truculent.
Bien sûr le trait est acide contre la société, emplie d’arrivistes, d’avares et
de prétentieux vides et crispés.
On retrouvera le même angle de vue dans Avec le sourire, aux côtés de Maurice Chevalier, qui donnera lui
aussi la part belle à l’escroc, à l’habile, au génie des affaires et des
arnaques, qui tricote et détricote à loisir en abusant de la confiance du
monde. Ce souffle à la fois frais et satirique rafraichit considérablement,
surtout à l’heure où le cinéma français se perd dans un premier degré pénible,
une lourdeur sans pareil et, pire que tout, un moralisme prétentieux et
hautain. On le savait mais, à l’aune de la fadeur bien pensante d’aujourd’hui,
on mesure combien la truculence de Raimu manque au cinéma…





