
mercredi 12 juillet 2023
La Première folie des Monty Python (And Now for Something Completely Different de I. MacNaughton, 1971)

samedi 8 juillet 2023
What a flash! (J.- M. Barjol, 1972)

Malgré la curiosité de la distribution (on croise dans ce fourre-tout Bernadette Lafont, Jacques Doillon ou quelques autres acteurs reconnus), on oublie vite ce gloubi-boulga, qui ne peut guère intriguer bien longtemps.
jeudi 6 juillet 2023
Monty Python : La Vie de Brian (Monty Python's Life of Brian de T. Jones, 1979)
Après une ouverture très drôle (les rois mages qui se trompent de crèche) et un générique décapant (qui renvoie nettement à Brancaleone), de nombreux gags n’ont pas pris une ride et restent délicieux (la séquence de la lapidation, Brian qui fait des fautes de latin en taguant les murs, les réunions des militants du Front Populaire de Judée, etc.). On notera combien une comédie habilement écrite brosse le portrait d’une époque ou, au contraire, permet de suivre l’évolution d’une société : on pense bien sûr à la séquence très drôle où Stan souhaite devenir Loretta (malgré son absence d’utérus !), sujet aujourd’hui non plus loufoque mais devenu on ne peut plus sérieux.
mardi 4 juillet 2023
Yi Yi (E. Yang, 2000)

Si
l’on suit Yi Yi sans déplaisir, le
film, malgré bien des tentatives, ne procure guère d’émotion.
Yi Yi ne manque
pourtant pas d’ambition et Edward Yang filme avec beaucoup de proximité et
d’attachement ses personnages. Et l’idée de capter trois moments de la vie comme
si les trois personnages n’en étaient qu’un, saisi à différents âges, est très
bien vu.
Mais,
derrière les qualités indéniables du film, il manque peut-être un lyrisme ou un
sens de l’épique qui donnerait à cette triple vue d’une chronique familiale
plus d’accroche pour la sortir des poncifs dans lesquels elle reste quelque
peu.
samedi 1 juillet 2023
Tuez-les tous... et revenez seul (Ammazzali tutti e torna solo de E. G. Castellari, 1968)
vendredi 30 juin 2023
L'Attaque de la moussaka géante (I epithési tou yigantiéou moussaka de P. Koutras, 1999)
Le film bénéficie d’une certaine aura chez les amateurs de nanars, qui semblent ériger en qualité la nullité scénaristique autant que technique, nullité aussi du jeu des acteurs ou du rythme. On se demande pourquoi.
mardi 27 juin 2023
La Main de fer (Tiān xià dì yī quán de C. O. Cheng, 1972)
Mais si le film n’est guère original, Tarantino y a pioché plusieurs petits motifs que l’on retrouve glissés dans ses Kill Bill (par exemple la façon qu’a l’un des tueurs d’enlever soigneusement ses sandales avant de combattre, geste que reproduit O-Ren Ishii juste avant l’affrontement final).
samedi 24 juin 2023
Jeanne d'Arc (L. Besson, 1999)
Il faut dire que Milla Jovovich est une actrice beaucoup trop limitée, bien incapable de tenir un tel rôle. Très fade, sans intériorité, elle est bien loin de dégager une passion et un magnétisme à même d’incarner ce que Jeanne d’Arc – personnage habité s’il en est – est dans la mémoire collective et ce qu’elle peut représenter à l’écran.
Et si, derrière l’actrice principale, le casting se veut riche et si plusieurs rôles sont bien tenus (John Malkovich, par exemple, est très bien en Charles VII et il rappelle à notre mémoire la composition de Richard Widmark dans le film de Preminger) d’autres jeux d’acteurs sont problématiques par leur outrance (Vincent Cassel, Tchéky Karyo, etc.). Mais, plus que les acteurs, c’est ce que fait Besson des personnages qui pose problème, comme souvent chez lui : dans des films qui se veulent des drames et qui n’ont pas de dimension comique, il met des personnages qu’il traite en caricatures et dans lesquels il ne croit pas vraiment. Et l’on se retrouve alors avec un mélange (qui ne peut pas fonctionner) de personnages sérieux et construits au premier degré avec d’autres qui sont des personnages de comédie, traités au second degré.
Ce déséquilibre, très présent chez Luc Besson, en particulier dans les films des années quatre-vingt dix, brise toute tentative de produire une émotion, car comment croire en la sincérité et au réalisme de certains personnages réalistes quand ils en croisent d’autres superficiels, stéréotypés ou symboliques ?
mardi 20 juin 2023
Amsterdam (D. O. Russell, 2022)
Et, comme souvent dans ce genre de manière de faire, certains personnages se veulent sérieux (le général campé par De Niro par exemple) quand d’autres sont du registre de la comédie. De même pour certains plans, pour certains axes de caméras ou pour le montage de certaines séquences qui, eux aussi, tirent la narration vers la comédie. Et, comme souvent, cet ensemble qui oscille entre drame et comédie est bancal et n’est pas bien convaincant.
vendredi 16 juin 2023
Annette (L. Carax, 2021)

mercredi 14 juin 2023
Volver (P. Almodovar, 2006)
Alors, après un premier meurtre qui suit une tentative d’inceste, puis une apparition de fantôme, un cadavre planqué dans un congélateur, une mère revenue d’entre les morts, le tout dans un étonnant manège de personnages, Volver amène le spectateur vers la révélation finale avec l’inceste primordial qui finit par percer.
Almodovar parvient à reléguer au second plan le meurtre du père, à jouer avec la figure de mère issue de Bellissima (cité en fin de film et à laquelle renvoie Raimunda). Volver, alors, renvoie aux fantômes du passé qui reviennent à la surface et Raimunda (magnifique Penélope Cruz), tout au long du film, semble avoir le choix entre continuer à avancer coûte que coûte ou bien se tourner vers ce traumatisme passé non réglé. On notera le magnifique moment où elle chante, pour, dit-elle, faire plaisir à sa fille alors que c’est sa mère, cachée un peu plus loin et montrée en contrechamp, à qui est destinée, in fine, la chanson (comme dans Bellissima où la petite fille joue pour sa mère).
Et, bien sûr, comme toujours chez Almodovar, des couleurs aux décors, des musiques aux ambiances, c'est l'Espagne, cœur battant du monde, qui est captée à chaque seconde avec une sensibilité magnifique.
lundi 12 juin 2023
La Dernière piste (Meek’s Cutoff de K. Reichardt, 2010)
Et si le dépouillement du film peut évoquer Monte Hellman (The Shooting notamment), Reichardt, derrière ce style épuré, loin de suivre une voie expérimentale ou psychologique, s’inspire d’une histoire vraie et revisite le mythe de la Destinée manifeste. Loin des héroïques traversées vers l’Ouest qui ont peuplé le cinéma (de La Piste des géants à La Dernière caravane), ici le film n’est qu’une errance dans le désert, errance dont on comprend immédiatement (avec le mot « lost » gravé sur l’écorce dès les premières minutes) qu’elle est sans issue.
L’esthétique du film, sa lenteur, l’alternance des plans larges et, peu à peu, des plans qui se rapprochent des personnages, la lumière (notamment les moments de veillées en lumière naturelle), les positions de la caméra (qui plante le spectateur au milieu des personnages), l’habileté à jouer du hors-champ, les choix de montage ou les personnages sans héroïsme, tout oriente le film vers l’authenticité, loin des atours de l’Hollywood classique.
Le personnage du trappeur Stephen Meek, censé guider le petit convoi, est bien loin des figures campées par John Wayne, Robert Taylor et autre Spencer Tracy. Derrière l'arrogance de celui qui sait et qui connait des récits mythiques, il échoue à mener les trois familles et tourne en boucle dans le désert.
La rencontre avec les Indiens, figure absolue de l’altérité de la Frontière, est, elle aussi, lue a contrario des images classiques : Emily finira par mettre en joue le trappeur pour protéger l’Indien.
Loin des fastes d’une représentation glorieuse mythifiée, loin des récits héroïques, loin des chants le soir au coin du feu, loin des promesses de l’Ouest, il ne reste ici qu’une confrontation avec la terre, sa minéralité et son immensité.
Et dans cet infini qui emprisonne, c’est le silence qui prévaut, et ce sont des petits signes, des petits gestes – beaucoup plus que des paroles – qui tentent de tisser, tant bien que mal, les relations entre ces personnages pris au piège.
La fin ouverte laisse au spectateur le soin de suivre encore cette piste incertaine, comme des pointillés épars et diffus perdus dans le désert sans fin.
vendredi 9 juin 2023
Nope (J. Peele, 2022)
Par moment horrifique (mais Peele a déjà montré qu’il aimait glisser des séquences gore dans ses films), le film lorgne d’abord du côté de Signes de Shyamalan, avant de partir dans une direction et une complexité très différentes. Cet étrange alien – alien à la forme changeante et que l’on ne peut regarder – pris d’abord pour un OVNI et qui est décrit ensuite comme un prédateur défendant son territoire, entraîne le film sur la double thématique de la verticalité et du regard.
Film sur le regard – et donc sur la mise en scène –, Nope joue sur l’impossibilité de regarder le monstre en face (avec de belles idées scénaristiques), sujet relayé par le caméraman aux allures de Werner Herzog, qui fixe le monstre de sa caméra avant de le regarder droit dans les yeux et qui en sera puni. Il faut tout l’artifice final, avec les flashs de lumière venus du fond du puits, pour saisir une image du monstre. Monstre détruit, dans une ironie délicieuse, par ce cow-boy gonflable qui s’échappe au gré du vent.
Peele rajoute intelligemment une étrangeté à son film, notamment par sa mise en scène très ample par moment (avec des plans larges splendides pour embrasser la vallée et l’offrir au monstre) entrecoupée des étonnantes séquences en flash-back du carnage du chimpanzé, où la caméra joue sans cesse du hors-champ. La façon de filmer le ranch de Otis comme une gigantesque arène dans laquelle il cherchera à dompter le monstre est magnifique. Les structures gonflables qui permettent de détecter le monstre résument parfaitement toute la dimension verticale du film (l’alternance des gonflements/dégonflements annonçant l’avancée du monstre). Et, comme un symbole de cette verticalité, on s’arrêtera sur l’étrange chausson taché de sang qui, sur la scène de carnage du plateau télé, reste mystérieusement planté tout droit, en équilibre.
Et Peele, comme pour sceller le tout, offre un bel hommage à Muybridge, non seulement en le reliant généalogiquement aux protagonistes, mais surtout au travers des photos finales du monstre, idée géniale et parfaitement mise en scène.
mardi 6 juin 2023
Le Festin chinois (Jīnyù mǎntáng de H. Tsui, 1995)
L’idée était bonne, pourtant, de jouer sur les genres et de concocter une « cuisine kung-fu » qui s'inspirait des affrontements typiques du Wuxia et du chanbara en les mâtinant d’une mise en scène à la sauce western spaghetti.
Mais l’ensemble est pollué par des digressions, des lourdeurs et des personnages inutiles qui ternissent l’ensemble.
L’on s’amuse néanmoins de voir Tsui Hark – l’un des fers-de-lance du cinéma d’action hongkongais – se promener du côté de la comédie burlesque.
samedi 3 juin 2023
Une Vie (A. Astruc, 1958)

C’est que l’on n’entre jamais vraiment dans le quotidien de Jeanne, quotidien figé et comme arrêté à tout jamais, avec les coups de la vie qui s’abattent mais qui ne cognent jamais plus fort que ces années qui passent et semblent tout condamner. Et malgré les efforts de Alexandre Astruc, rien n’y fait : non seulement les personnages – leurs fors intérieurs, leurs façons de voir le monde – nous échappent à l’écran, mais on voit moins la Normandie, on la sent moins à l’image qu’à travers les lignes de Maupassant.
jeudi 1 juin 2023
L'Homme aux lunettes d'écaille (Sleep, My Love de D. Sirk, 1948)
Le film reprend la mode des thrillers psychologiques – avec Alison qui est manipulée et que l’on fait passer pour folle – aux côtés de Hantise de Cukor ou du Mystérieux docteur Korvo de Preminger.
En plus de l’ambiance réussie et de la tension savamment dosée, on retrouve avec plaisir une distribution irréprochable (Claudette Colbert, Robert Cummings, Raymond Burr).









