mardi 29 septembre 2020
Les Nuits fauves (C. Collard, 1992)
samedi 26 septembre 2020
Ma 6-T va crak-er (J.- F. Richet, 1997)
Dans la foulée de
la Haine, Jean-François Richet fait
son petit topo sur la banlieue. Très brouillon (formellement, la plupart des films sur le thème restent, depuis Do the Right Thing, dans cette idée d'un grand clip un peu foutraque), sans grande passion, le film
accumule des pensums (les tirades faussement improvisées sur le chômage et l’abandon
des cités). On nous donne à voir de nombreux personnages dont on ne sait à peu
près rien si ce n’est qu’ils sont tous à fleur de peau. Notons que c’est un peu
le discours permanent sur les banlieues. Mais Richet ne nous dit rien d’autre. Rien
sur les relations entre communautés, rien sur les gangs, rien sur l’origine de
ces tensions et ce qui les exacerbe (ah, si, oui, les policiers sont racistes
et violents), rien sur les familles, rien sur les fratries ou sur les
individus. Pas un personnage ne sera un peu épaissi, pas une porte intime ne sera
poussée.
Mais tout le monde
est à fleur de peau, alors tout le monde va se tirer dessus. Et la police,
comme il se doit, assassine. Tout cela reste très minimaliste et bien peu
convaincant.
jeudi 24 septembre 2020
Contagion (S. Soderbergh, 2011)
Prenant avec
sérieux le genre (celui du film catastrophe s’appuyant sur une épidémie,
tels que Alerte ! ou L’Armée des douze singes), Steven
Soderbergh cherche à construire un ensemble réaliste, ce qui constitue sans
doute son apport principal. Mais on notera que ce n’est guère un intérêt
cinématographique.
Suivant les
codes du genre, il se heurte, comme tant d’autres films catastrophe, au
problème d’échelle : comment rendre compte d’une catastrophe mondiale et,
dans le même temps, suivre des destins individuels ? Soderbergh y parvient
parfois, par exemple lorsqu’il suit le père de famille qui découvre que sa
femme, première victime de l’épidémie, l’a trompé, mais se perd un peu à
d’autres moments, par exemple lorsque le docteur Orantes, envoyée par l’OMS,
est prise en otage par des villageois. Mais il saisit néanmoins de nombreux
aspects du problème, depuis la mauvaise influence des blogueurs jusqu’aux drames
familiaux en passant par les laboratoires de recherche.
L’ensemble
emporte parfois par son rythme efficace, mais il est aussi brouillon et trop
mécanique et, finalement, attendu. Il faut dire aussi que le scénario qui, dans un premier
temps, l’inspire (en créant un emballement lié à l’épidémie qui se répand), se
retourne contre le réalisateur : puisqu’il s’agit de brosser le portrait
type d’une pandémie (apparition, développement, découvertes médicales,
vaccination, happy end, etc.), le spectateur ne risque guère d’être surpris.
mardi 22 septembre 2020
La Route de Salina (G. Lautner, 1970)
Improbable film
de Georges Lautner, bien loin de ses célèbres Tontons flingueurs et autre Pacha.
Bien plus qu’un genre différent, c’est à la fois un autre univers et un autre
style qu’explore ici Lautner, montrant une variation étonnante dans la
palette de ses talents.
Ethéré, lunaire,
très typé hippie années soixante-dix et surtout complètement américain, il est
difficile de voir un lien entre Sur la route de
Salina et la bande à Ventura et Blier, avec ses beuveries et
autres bourre-pifs pimentés des bons mots d’Audiard.
Accompagnés d'une
musique envoûtante et psychédélique, la douceur perdue de Jonas, l’érotisme
chaud de Billy et la folie douce et inquiète de Mama composent une toile lente, brûlante et très minérale. Plus que l’intrigue elle-même, c’est son traitement
radical qui surprend, avec le très bon Robert Walker dont le personnage de
Jonas, détaché et perdu, provoque la même distance au monde chez le spectateur,
qui s’interroge sur ce qui se passe – comme Jonas – mais avec le même recul un
peu éloigné, comme étranger au monde.
Liberté, amour incestueux,
frustration sexuelle, solitude, meurtre, tout y passe, derrière la chaleur et
le décor vide et minéral (le couple parcourt même les pouzzolanes de Lanzarote,
dans un paysage bien peu californien pour le coup).
Les rires cruels de Billy, en fin de film, renvoient directement – avec la même conclusion tragique – à La Chienne de Renoir.
Tarantino évoquera le film dans son Kill Bill vol. 2, en y replaçant le planant Sunny Road to Salina de Christophe, au moment où son héroïne parcourt le désert minéral, comme le faisaient Jonas et Billy, perdus dans leurs dérives.
samedi 19 septembre 2020
Bombardiers en piqué (Dive Bomber de M. Curtiz, 1941)
Dive Bomber, qui se concentre sur les recherches
médicales visant à éviter aux pilotes de chasse les évanouissements en vol, s’il
a un aspect documentaire très marqué, n’est guère palpitant. Il faut dire que cette
histoire d’une inimitié qui sera dépassée est un peu trop cousue de fil blanc.
La recherche médicale, avec ses essais, ses réflexions, ses échecs, ses
persévérances et – Hollywood oblige – ses sacrifices, est toutefois très bien
rendue.
Avec Michael Curtiz
à la baguette et Errol Flynn en tête d’affiche, on pouvait néanmoins s’attendre
à un récit moins didactique et plus enlevé.
vendredi 18 septembre 2020
Poker d'as pour Django (Le due facce del dollaro de R. Bianchi Montero, 1968)
mercredi 16 septembre 2020
Arizona Junior (J. Coen, 1987)
Après un premier
film réussi en forme de polar noir (Sang
pour sang), Joël Coen change son fusil d’épaule et explore la
comédie : il se fait donc plaisir avec ce film amusant, porté par un duo
de personnages très bien campé par Nicholas Cage (qui reprend ici le même ton
de looser dépassé que dans Peggy Sue
s’est mariée) et Holly Hunter. Autour de ces deux-là, les multiples
personnages font très cartoons et c’est là la première apparition de ce
prototype de personnage, brossé à gros traits, faisant irruption dans le cadre
sans le moindre doute, et que l’on retrouvera si souvent dans la filmographie
des frères Coen : de Miller’s Crossing au Big Lebowski en
passant par Intolérable cruauté ou O’Brother, c’est tout une galerie de
portraits de personnages secondaires résolument burlesques qui emplissent les comédies
des frères Coen.
Mais le film,
peu à peu, abandonne le ton de comédie du début, qui avait une teinte de
tragique désespéré porté par le couple McDunnough pour s’enfoncer dans un
loufoque bien peu subtile. L’on regrette un peu cet équilibre du début qui
parvenait à garder une certaine tenue, avec un montage très rythmé, une
répétition de séquences très drôles, une voix off percutante, le tout formant
une accroche réussie. Le film, sans doute, pâtit trop de ce burlesque loufoque
qui dénature un peu la tentative désespérée du couple de construire une
famille.
lundi 14 septembre 2020
Elvira Madigan (B. Widerberg, 1967)
samedi 12 septembre 2020
Brazil (T. Gilliam, 1985)
Film ébouriffant
de Terry Gilliam qui fait feu de tout bois. Il propose une dystrophie à la fois
amusante et très noire, mélangeant comme dans un shaker Orwell et Kafka, parvenant
à conjuguer une inventivité de tous les instants avec des images très
métaphoriques ou aliénantes qui rendent compte parfaitement des traits
saillants de la société moderne (depuis les bouillies infâmes des restaurants gastronomiques
jusqu’aux écrans qui envahissent et déforment tout (alors même que les
ordinateurs, en 1985, ne se sont pas encore répandus dans les bureaux), en
passant par la chirurgie esthétique délirante). Bien entendu les rapports humains
sont aliénants au possible et l’univers semble engoncé dans une architecture écrasante
et suffocante, avec l’idée géniale de rendre organique cette forêt de tuyaux et
de conduits en tous genres qui se cachent derrière chaque mur et débordent sans
cesse, ahanant et pulsant comme un monstre endormi, sûr de sa force, contre
lequel tout combat est perdu d’avance.
L’esthétique de Gilliam,
entre abstraction et expressionnisme, met en mouvement une cité qui évoque Metropolis, joue de cadrages insolites, d’exubérances et d’anamorphoses,
remplit le cadre de décors abstraits, froids et colossaux, incruste des slogans
sortis tout droit de 1984, entremêle
des personnages effrayants ou dépravés, assimile l’homme à un insecte et écrase
tout ce petit monde par les coups de buttoir d’un Léviathan bureaucratique
abrutissant et violent, dont on sent battre sans cesse le pouls.
La fin est
remarquable : sauf à vouloir donner une vision positive complètement
dissonante après tant de noirceur, le conventionnel happy-end hollywoodien
n’était pas possible. Le doux rêveur qu’est Sam Lowry ne pouvait pas sortir indemne
de ces méandres terribles et suffocants ; il ne pouvait même pas s’en
sortir du tout. Tout comme l’Icare qu’il est dans son rêve, il se brûle les
ailes à courir après la femme de ses rêves qu’il rencontre, matérialisée, dans
le réel son rêve. Las, cette société n’admet pas que les rêves puissent avoir
quoi que ce soit qui se raccroche au réel.
Même si Gilliam
reprendra des éléments issus tout droit de cette esthétique (dans L’Armée des 12 singes notamment), il ne
proposera plus un tel univers entièrement clôt sur lui-même et uniquement
peuplé de ses visions cauchemardesques.
jeudi 10 septembre 2020
Dragon Inn (King Hu, 1967)
mardi 8 septembre 2020
L'Assassinat de Trotsky (J. Losey, 1972)
jeudi 3 septembre 2020
Ils aiment la vie (Kanal de A. Wajda, 1957)
mardi 1 septembre 2020
Tenet (C. Nolan, 2020)
Reprenant ses marottes habituelles (un mélange d’action et de jeux spatio-temporels), Christopher Nolan réalise une variation d’Inception où ce ne sont plus des rêves qui s’emboîtent mais des temporalités qui se croisent.
Bien entendu, il n’est jamais question d'émotion : tout ce qui touche les personnages restant bien froid et éloigné du spectateur (malgré une image finale qui se veut douce et réconciliatrice avec la mère et son enfant). Et l'on voit que Nolan compte sur les fans pour disserter, via les réseaux sociaux, de la cohérence de l’ensemble et des nombreux signaux cachés (le film tourne autour du carré Sator, mais plus comme un jeu que comme une clef explicative). Et l'on retombera alors dans le même travers qu'avec Inception : disséquer et comprendre un scénario retors et très mathématique n'a rien à voir avec une émotion cinématographique, loin s'en faut.
Il faut aussi regretter une régression par rapport à Inception : Nolan échoue complètement à représenter à l'écran les jeux imbriqués de temporalités contraires (entre les oiseaux qui volent à l'envers, les tourniquets ou la bataille finale brouillonne) quand il jouait très bien des ralentis qui suspendaient le temps pour imbriquer les rêves.