





(1) : Le titre HHhH signifie « Himmlers Hirn heiβt Heydrich » que l'on peut traduire par « le cerveau de Himmler s'appelle Heydrich ».
Dans cette suite sans saveur d'un premier épisode déjà d’une fadeur rare,
Antoine Fuqua récidive en appliquant la même recette, entre prétention de mise
en scène et petite morale à deux sous. Denzel Washington cachetonne
tranquillement.
Si le film est transparent pour le spectateur (on le voit et, hop ! on l’oublie), il est en revanche une belle planche à billets. On a bien compris
que les producteurs savent parfaitement ce qu’ils font.
Dans cette première œuvre
qui oscille sans cesse entre cinéma expérimental et film fauché, Darren
Aronofsky se perd un peu. Il cherche à filmer une obsession et s’il met en
place une esthétique, on ne saurait trop dire si elle vient d’un projet
artistique ou d’une contrainte financière. Les œuvres suivantes du réalisateur,
sans grand rapport esthétique, nous faisant plutôt dire qu’il s’agit d’un
manque de moyens. Derrière les idées de thriller noir et paranoïaque, cette
esthétique le coince d’ailleurs un peu au moment de faire avancer son récit.
C’est que Max Cohen, s’il semble avoir mis le doigt sur une clef de voûte
mathématique du monde, se noie peu à peu dans sa paranoïa et dans ses
hallucinations. Dès lors, au-delà de sa forme originale, le film se résume à
scruter une obsession, obsession qui sera un des sujets majeurs de Aronofsky.



Septième
opus d’une série désormais bien rodée, ce Mission
impossible ne peut guère surprendre. Comme la recette ne change pas d’un
film à l’autre, on sent bien que celui qui a aimé les précédents films aimera
celui-ci et que celui qui n’a pas supporté les précédents ne supportera pas
celui-ci non plus. A l'image de sa star dont la plastique et le punch restent inchangés, la série se maintient.
Il y a bien quelques scènes d'action parfois trop longues, mais le climax final dans le train – comme un écho au premier épisode de la série – est très réussi.
Bien
entendu il ne s’agit de rien de plus que d’un film calibré pour cartonner à
l’international. Mais le film n’est rien de moins non plus : il faut
admettre que la série ne sombre pas, au fil des épisodes, et se maintient. Tom
Cruise fait le job avec énergie et efficacité et ses acolytes forment une
équipe maintenant consolidée.
On
se demande cependant, de plus en plus, si les spectateurs ne trouvent pas dans
Ethan Hunt un succédané à James Bond, ce héros de cinéma quelque peu dévitalisé
ces dernières années (en particulier dans les films où il est interprété par
Daniel Craig). Hunt, lui, on l'a dit, ne change guère, il s’est même raffermi, laissant de
côté ses déboires sentimentaux (tout l’inverse de James Bond) et surfe toujours
plus sur les gadgets high-techs, autrefois chasse gardée de 007. Bien sûr Hunt n’a pas l’enrobage de Bond (pas de cocktail, pas de séduction, pas de
mondanités décontractées), mais il se peut néanmoins que les spectateurs
célèbrent d’autant plus ses folles équipées qu’il est désormais le seul
héros agent secret à tenir encore la barre.
Le principal intérêt de ce film guère
convaincant de John Favreau est qu’il met en scène un chef cuisinier de sorte
que, à plusieurs reprises, la nourriture est le sujet du film, ce qui est assez
rare dans le cinéma américain.
Mais le scénario cousu
de fil blanc et l’interprétation assez laborieuse de Favreau lui-même
ramollissent le film et le rendent tout à fait fade. De sorte que
même s’il se paye le luxe de voir de petits rôles portés par des acteurs de
renom (on croise Dustin Hoffman, Scarlett Johansson ou Robert Downey Jr), Chef s’oublie
assez vite.
On notera, cela dit, le
parcours étrange du chef cuisinier héros du film : alors qu’il dirigeait
la cuisine d’un grand restaurant français de Los Angeles, il finit en sillonnant
les routes dans un food truck, où il prépare des sandwichs et autres tacos. On
ne saurait mieux résumer, finalement, le rapport des américains à la
nourriture.
