jeudi 20 juin 2013

La Grande parade (The Big Parade de K. Vidor, 1925)




Ce très grand film de King Vidor porte un regard acéré sur la guerre, décrite à la fois comme une tragédie, mais aussi comme le réceptacle des émotions et des aventures humaines.
Vidor prend le temps de construire ses personnages : la première partie de la séquence de guerre, qui s’apparente à la vie de garnison, est clairement comique (le personnage de Slim tient du burlesque) même si l’amour naissant entre James et Mélisande épaissit les personnages, leur faisant perdre la superficialité qu’ils avaient tout d’abord.
La force du film, ensuite, quand les troupes partent au front, est de changer de ton radicalement. Les adieux entre Mélisande et Jim, déchirants et disproportionnés, annoncent la fin : Mélisande s’agrippe à la jambe que perdra Jim. Jim, ensuite, lui lance la chaussure droite, comme une annonce de ce qu’ils se retrouveront et qu’alors, elle pourra rendre la chaussure, la seule, désormais, dont il aura besoin.


La puissance des scènes de combat provient de la confrontation entre leur violence et les personnages comiques. Si Chaplin envoie Charlot dans les tranchées, il ne meurt pas pour autant. Ici Slim meurt sous les coups des balles ennemies, sans que James ne puisse le sauver à temps. Le tragique est renforcé par un effet purement cinématographique : Slim l’ouvrier burlesque n’a pas sa place dans les tranchées, sous les bombes ennemies. Il y meurt pourtant.


L’évolution du personnage de James est incroyable : de riche fils oisif et peu concerné, il se lie d’amitié au régiment avec des hommes du peuple (qu’il n’aurait par ailleurs jamais côtoyés) et développe un amour sincère et puissant pour la jeune paysanne, bien loin de la superficialité de son premier engagement.
La fin, qui voit les amoureux se retrouver, annonce, par son lyrisme, les chefs-d’œuvre de Frank Borzage. Et, précisément, on retrouvera dans L’Isolé, lorsque Tim, paralytique, reprend pied pour courir jusqu’à sa bien-aimée, une évocation de James qui clopine maladroitement en haut de la colline.

lundi 17 juin 2013

Cabiria (G. Pastrone, 1914)




Important film en ce qu’il est le point culminant des péplums italiens de la période. Venant après de nombreux autres péplums à succès (Carthage en flammes de Emilio Salgari ou Quo Vadis de Enrico Guazzoni par exemple), son budget est énorme, sa durée également (plus de 3 heures lors de sa sortie) et ses décors colossaux. Et Pastrone parvient à gérer toute cette énormité et à réaliser un film très réussi, avec des batailles spectaculaires et des effets spéciaux efficaces (quand bien même ils sont très datés !). Il parvient notamment à intégrer dans ses plans les décors gigantesques et des extérieurs qui ne le sont pas moins, tout en restant constamment proche de ses personnages (avec des inserts ou des plans rapprochés).


Faisant intervenir Gabrielle d’Annunzio (mais de façon semble-t-il assez superficielle), le film mêle l’épique et le romanesque, en tenant une histoire d’amour entre Cabiria et Maciste, sur fond de guerres, dans une vaste fresque de plus de vingt ans.
Avant Griffith, on tient là un film monumental au succès énorme et qui sera un premier indice pour les producteurs (Naissance d'une nation en sera le second, décisif), qu’un film qui coûte beaucoup d’argent peut, en un mécanisme de proportionnalité qui les enchantera, en rapporter beaucoup plus encore.

vendredi 14 juin 2013

Le Fils du désert (3 Godfathers de J. Ford, 1948)




Original western de Ford, qui démarre sur des bases ultra-classiques (le braquage d’une banque et la prise en chasse des hors-la-loi par une milice organisée autour d’un shérif) mais qui prend ensuite un tour original puisque l’itinéraire des trois lascars devient progressivement un chemin de rédemption.
C’est ainsi que l’on ne s’intéresse plus guère à la faute initiale (la banque braquée et le butin récolté), mais que chaque épreuve rencontrée (en particulier à partir de la rencontre des bandits avec la femme sur le point d’accoucher) est vécue par chacun d’eux comme une épreuve qui mènera vers un sacrifice ou une rédemption. Ce chemin difficile est ponctué de moments tragiques (la mort de Kid qui refuse de boire pour ne pas priver le bébé) et de grâce (l’apparition, annoncée par la Bible, de l'ânesse).


Sans atteindre la perfection de bien d’autres films du réalisateur, il s’agit certainement de son western le plus original.

Deux indices précoces, toutefois, indiquent que ce western n’est pas si classique : le générique qui montre déjà, par avance, les différentes étapes que traverseront les bandits et, ensuite, le casting, puisque c’est une surprise de voir John Wayne parmi les braqueurs. S’il interprétera plusieurs fois des personnages complexes ou très sombres (dans La Prisonnière du désert par exemple), il est surprenant de le voir à la tête d’une petite bande de braqueurs. Mais bien vite on comprend mieux : il est celui qui sera sauvé, dans le sens chrétien du terme.


mercredi 12 juin 2013

Écrit sur du vent (Written on the Wind de D. Sirk, 1956)




Grand mélodrame de Douglas Sirk, à la fois parfaitement conventionnel (dans les personnages, l’histoire, les sentiments exacerbés) et tout à fait baroque, de par son esthétique excentrique et haute en couleurs.
Les acteurs sont parfaits, avec la belle (Lauren Bacall) qui se tourne vers l’héritier raté et alcoolique (John Stark) et se détourne du bel homme intègre (Rock Hudson). C’est là le ressort du drame qui est l’occasion d’une description au vitriol d’une famille américaine très riche (même si le père est sauvé des divers vices familiaux) et que la fin, aux allures de fausse happy-end, condamne davantage encore. Dans de belles séquences Sirk évoque un paradis perdu de l'enfance, qui jouera comme ressort dramatique.


Les couleurs baroques, assorties de jeux de mise en scène détonants (exceptionnelle séquence que celle de la mort du père), font de ce film un bonbon acidulé et grinçant.


Et le derrick devient, entre les mains désespérées de Dorothy Malone, un beau symbole phallique.


lundi 10 juin 2013

L'Enfance nue (M. Pialat, 1968)




Très beau film de Maurice Pialat, d’une très grande puissance visuelle, avec déjà ce réalisme si particulier des films de Pialat. Avec ses acteurs non professionnels, cette application à s’ancrer dans le réel le plus dur, le spectateur atteint cette oscillation entre la fiction et le documentaire.
On trouve déjà, dans ce premier long métrage, la force du style de Pialat, fait de grandes séquences, qui sont autant de blocs, âpres, durs et directs, filmés sans filets, sans concession. Cette assemblage très typique de Pialat dépasse ce qui a trait à un déroulement narratif ou à une construction rigoureuse de chaque plan : Pialat capte les choses et voilà tout. Il capte l’atmosphère du Nord, avec le gris et la sécheresse nue qui en ressort, les moments qui rythment la vie des familles, l’errement de l’enfant qui passe d’une famille d’accueil à une autre.
Cette façon de filmer, rare et radicale, continuera film après film de constituer autant de coups de poings délivrés par Pialat.


samedi 8 juin 2013

Ran (A. Kurosawa, 1985)




Splendide film de Akira Kurosawa, qui délivre une fresque historique épique et terriblement tragique. Alors qu’il vient de réaliser le magistral Dersou Ouzala, film intimiste et à la dimension de l’individu, il délivre coup sur coup deux fresques immenses – Kagemusha et Ran – , où des armées en mouvements s’entre-déchirent, où des bordées de flèches sont tirées contre des châteaux assiégés, des oriflammes sont brandies et des machinations ourdies. Et Kurosawa passe d’un style à l’autre avec une même maîtrise.
Cette adaptation du Roi Lear brille à la fois par son style épique, théâtral et la puissance de certaines scènes flamboyantes et stylisées.
Autour du vieillard Ichimonji qui pense préserver son royaume – jusqu’alors géré avec une main de fer – en passant la main à ses fils, on assiste, tout au contraire, à un déferlement de jalousie, de haine et de violence entre ces fils qui s’entre-déchirent. Si Ichimonji devient progressivement fou, ce n’est pas seulement de voir son royaume détruit dans une guerre fratricide, c’est aussi parce que son royaume, construit et tenu par la violence, ne peut qu’engendrer de la violence. Cette terrible prise de conscience lui fait perdre la raison.
Le style flamboyant de Kurosawa donne ici sa pleine mesure, avec des scènes de guerre qui sont autant de tableaux, sublimement construits et colorés, tantôt mouvants et ondulants dans la plaine, tantôt sanglants et déchirés par la violence.


On retrouve néanmoins le regard qui était celui de Kurosawa dans Dersou Ouzala, à la fois dans la maîtrise sereine de la mise en scène (qui contraste avec la violence qui se déchaîne) et dans l’incapacité des personnages à prendre un quelconque recul, à dépasser leur condition. Là où Dersou Ouzala entraînait le capitaine dans les méandres poétiques de l’approche animiste, les personnages sont ici diamétralement opposés, en étant ancrés dans un pragmatisme violent et destructeur qui apparaît dès lors tout à fait vain.


vendredi 7 juin 2013

Josey Wales hors-la-loi (The Outlaw Josey Wales de C. Eastwood, 1976)




Très bon film de Clint Eastwood, qui tord le cou à l’idée selon laquelle il est devenu un grand réalisateur sur le tard (Josey Wales date de 1972) et qui parvient à dynamiser un genre alors en plein expectative.
Eastwood aborde le thème fordien par excellence, celui de la constitution d’une communauté. Au sortir de la guerre de Sécession, l’unité de la Nation était à construire et la férocité violente des combats ne s’efface pas si facilement. Eastwood part d’un personnage sudiste, dont les siens ont été massacrés par des Nordistes. Et il aborde avec efficacité et intelligence la question de l’intégration dans l’Union des soldats vaincus, et, avec eux, de ce melting-pot d’origine variée qui peine à s’agglomérer en un tout. En ajoutant à cela la question des Indiens, Eastwood fait le tour de la question de la coexistence dans une même nation de communautés diverses.
Formellement Eastwood commence à installer son propre style, loin de son premier mentor italien et plus proche des classiques américains, sans manichéisme, avec une attention à toute sorte de personnages et de situations. On voit déjà combien Eastwood commence à discuter avec Ford, dialogue qu’il poursuivra tout au long de sa carrière.


lundi 3 juin 2013

A bout de souffle (J.- L. Godard, 1960)




Très célèbre premier film de Jean-Luc Godard, qui vient donner un coup de jeune au cinéma en réinventant constamment le rythme, le montage et la liberté de narration.
Tournant le dos au studio et aux producteurs, Godard sort dans la rue avec sa caméra, tourne sans décor ni lumière, et choisit de diriger très peu ses acteurs – Jean-Paul Belmondo et Jean Sieberg –, qui deviennent aussitôt des icônes de ce souffle de liberté.



La principale innovation est dans le montage qui permet un rythme et une narration débridée : Godard, tout en inventivité, utilise à l’ancienne des fermetures à l’iris, met des adresses face caméra, laisse ses personnages errer dans le cadre et multiplie les faux-raccords, les ruptures ou les enchaînements étranges (en début de film le montage fait correspondre, par ses coupures successives, l'image l'univers sonore, par exemple lorsque Belmondo chantonne « Pa-tri-cia » en changeant de plan à chaque syllabe).


Au-delà de son style, le film est aussi d’une très grande modernité en ce qu’il met en scène des personnages qui avancent sans trop savoir vers quoi, qui vont et viennent, qui tournent en rond et restent indéterminés. Michel, par ses facéties, son radicalisme (il refusera le compromis et ira jusqu’à la mort) et par la décontraction que lui prête Belmondo, marque le film de son empreinte.
On remarquera, cependant, que si le film donne un coup de fouet au cinéma, il propose une intrigue on ne peut plus lâche, vaguement construite à partir d’un scénario de film noir. Et le film a beau multiplier les citations et les références, il y a, de ce point de vue, un appauvrissement. Il ne reste du film noir que ce destin qui entraîne Michel vers la mort. Mort dont il se fiche un peu, pour tout  dire (il est fatigué et veut dormir), mort qui vaut mieux, dit-il, que le compromis.

On notera alors que, si le film, avec quelques autres, lance la Nouvelle Vague française, cette Nouvelle Vague, si elle est une nouvelle manière de faire des films, n’apporte pas grand-chose du point de vue des idées et des thèmes. C’est une différence majeure avec le Nouvel Hollywood qui, inspiré par la Nouvelle Vague, rompra lui aussi avec les studios et fera entrer le cinéma américain dans la modernité mais qui en profitera, surtout, pour parler de l’Amérique, celle que les grand studios ne montraient pas.
Rien de tout cela en France où, hormis ce qui a trait à l’industrie du cinéma elle-même et à l’exception de quelques films remarquables (Hiroshima mon amour ou Les 400 coups), la Nouvelle Vague ne se fera guère le miroir de la France puisqu’elle se contentera de mettre en scène, en boucle, les discussions germanopratines de jeunes bourgeois qui ne s’assument pas.

lundi 27 mai 2013

Nanouk l'Esquimau (Nanook of the North de R. Flaherty, 1922)




Ce très célèbre documentaire de Robert Flaherty plonge le spectateur dans la vie des Inuits et on les voit chasser le phoque, pêcher dangereusement, être ensevelis sous le blizzard avec leurs chiens ou se retrouver au creux de leur igloo. Flaherty s’est immergé plusieurs mois aux côtés des Inuits, partageant leur quotidien (il a même construit avec eux un igloo-studio de cinéma où il développait ses pellicules au fur et à mesure). Et s’il filme avec attention mille et une tranches de vie, il s’attarde longuement sur la nature qui englobe et dépasse la vie de ces hommes qui se débattent dans ces contrées inhospitalières, nature dont la beauté explose à l’écran bien souvent.
Flaherty, bien loin de simplement poser sa caméra, construit son documentaire, sans chercher à avoir un regard qui se voudrait objectif. Mais il a bien conscience que, de toute façon, il n’y a pas d’objectivité possible : le simple fait de choisir un cadrage, de placer dans le champ un élément ou de préférer le laisser hors-champ est tout à fait subjectif. Et il sait aussi que le simple fait d’être présent modifie le comportement du sujet filmé (les personnes présentes, les animaux). Cet aspect est notamment au cœur de la question travaillée par Jean Rouch et Edgar Morin dans Chronique d’un été. On sait que Raymond Depardon a pu s’essayer à cette objectivité (par exemple dans Délits flagrants) mais Flaherty, lui, tranche directement et réalise des travellings, des gros plans ou des contre-plongées et il joue du montage pour construire l’histoire qu’il raconte.


Bien loin de la pure réalité documentaire, Flaherty reconstitue donc sous nos yeux la vie ancestrale des Inuits (occultant certains aspects modernes). Le film est alors construit en une succession de saynètes, qui montrent successivement des moments de bravoure, des moments familiaux et intimes mais aussi tant de petits riens du quotidien, sur lesquels il porte une attention touchante ou drôle. L’amour que porte Flaherty pour les Inuits en général et pour Nanouk en particulier transparaît nettement. On est donc bien loin des documentaires prétendument objectifs, ici, au contraire Flaherty assume complètement de jouer avec la réalité pour montrer sa version de la vie de Nanouk et des siens.



samedi 25 mai 2013

Les Aventures de Robin des bois (The Adventures of Robin Hood de M. Curtiz, 1938)




Les très célèbres Aventures de Robin des bois sont l’archétype du film d’aventures à la sauce hollywoodienne, avec un rythme virevoltant, des couleurs chatoyantes, un héros héroïque, des méchants terriblement vils, des combats, des amours, des trahisons, une belle morale.
Errol Flynn est magnifique, il incarne cette vélocité sereine et pleine d’allant et il grave dans les mémoires ce personnage de Robin des bois.


Curtiz sait jouer de ses vastes décors, il fait sans cesse repartir le film vers un nouveau moment de bravoure, à grands coups de jeux de caméra qui mettent en valeur les combats et offre, en final, un mémorable duel, dont il n’hésite pas à filmer les gigantesques ombres chinoises.
On sait combien Spielberg s’inspirera de Curtiz, non seulement dans sa mise en scène spectaculaire qui ne s’essouffle jamais, mais aussi dans sa gestion des grosses superproductions de studios.

jeudi 23 mai 2013

Réflexions sur le cinéma



Les quelques articles ci-dessous proposent des réflexions, des pistes d'analyse, des éléments de théories, des interviews, des citations ou des commentaires très personnels sur le cinéma.


- Réflexions générales sur le cinéma :
- La liste de 208 films d'Alain Bergala
- La neutralité : le secret du cinéma
- La représentation de l'histoire de l'Amérique au cinéma
- La sensibilité à l'art
- La sensibilité à l'art : être aux aguets
- Le cinéma moderne est né dans une île
- Le cinéma restera-t-il un art majeur ?

- Le Dogme95
- L'effet Kouléchov appliqué au spectateur
- Le film de boxe
- Le film : une œuvre d'art ou un produit industriel ?


- Éléments d'analyse de films : 
- Image-action et image-temps (2) : précisions sur la  classification de Deleuze
- Le cinéma n'est pas une langue
- Le montage : la naissance du sens et de l'émotion
- Le montage interdit
- Le spectateur et l'identification
- Les théories du montage de S. M. Eisenstein


- Citations et aphorismes : 

- Il ne faut pas prêcher dans un film, nous dit Douglas Sirk
- L'autobiographie selon Woody Allen
- Le cinéma selon Jacques Tati
- Le cinéma selon Paul Valéry
- Le cinéma se rapproche de la musique nous dit Bresson
-
Le cinéma-vérité du cinéma soviétique
- Le réalisme selon Fellini
- Les reflets du réel selon Douglas Sirk
- L'idéalisation de Jacques Demy
- L'importance du montage selon Bresson
- Pour Bresson, le cinéma est une écriture

- Pour Ingmar Bergman, le cinéma touche l'âme
- Pour Jean Renoir, le cinéma doit s'approcher de la vérité des hommes
- Une définition de l'art de J. von Sternberg
- Une définition du baroque par J.- L. Borges
- Une fonction du cinéma selon A. Bazin
- Un principe fondamental d'Alfred Hitchcock
- Trakovski : l'artiste et l'
œuvre


mercredi 22 mai 2013

Braindead (P. Jackson, 1992)




Le sous-genre gore a cet avantage, parmi les films d’horreur, de pouvoir étaler du sanguinolent plein l’écran sans avoir à le justifier. De la même façon la comédie (tout du moins la mauvaise) peut, elle aussi, étaler ses bourdes et ses slapsticks sans se soucier de les amener de façon bien travaillée. Braindead étant un film qui relève des deux catégories, on ne s’étonnera guère d’y trouver une orgie de sang et de démembrements complètement dénuée de sens et qui, si elle ne se prend pas au sérieux (on sent l’esprit potache derrière la caméra), tourne complètement à vide.
On peut évidemment gloser et chercher une quelconque signification derrière tout ça (en disant que le film est une expression un peu outrancière d’un fils qui a du mal à couper le cordon ombilical), mais ce déferlement de zombies, de bras coupés, de hachoirs fichés dans les crânes, de masques en caoutchoucs énucléés et autre passage à la moulinette est tout à fait lassant et n’amusera que les ados, public cible de ce type de films.



lundi 20 mai 2013

Bresson et le cœur du cœur du cinéma



Une réflexion de Robert Bresson sur la substance de ce qui doit être filmé :

« Ne pas tourner pour illustrer une thèse, ou pour montrer des hommes et des femmes arrêtés à leur aspect extérieur, mais pour découvrir la matière dont ils sont faits. Atteindre ce « cœur du cœur » qui ne se laisse prendre ni par la poésie, ni par la philosophie, ni par la dramaturgie ».